Réunion des associations du 10ème avec la mairie

COMPTE RENDU REDIGE PAR LES ASSOCIATIONS PRESENTES

Présent-e-s

Mairie :Rémi Féraud, Maire du 10è, Alexandra Cordebard (1ere adjointe au maire, Conseillère d’arrondissement chargée de la Culture, de la Jeunesse, de la Mémoire et du Monde combattant), Alain-Pierre Peyraud (Conseiller d’arrondissement chargé des Espaces verts et de la Lutte contre l’exclusion) Organisations : ATTAC, Collectif exilés 10, LCR, LDH, MRAP, NPA, PCF, RESF, Les Verts


les associations font un état des raison pour lesquelles nous avons souhaité rencontrer le maire

Duvets : destruction des duvets au moment même où la DASS annonçait une température de –8°C ressenti.

Plan grand froid : mise en place très tardive du plan. Le 4è bus permet la mise à l’abris de 50 personnes qui pourrait se retrouver à la rue si, en raison du redoux, il s’arrêtait. Regret qu’il n’y ait pas eu d’ouverture de local municipal du 10ème en cette période

Mineurs : Malgré l’avancée constituée par l’ouverture des 20 places d’accueil la situation des mineurs reste dramatique. La prise en charge se fait au compte goutte. Un seul exemple : un mineur de 15 ans est resté 8 semaines dehors. Ces conditions poussent ces mineurs à l’errance. Interrogations par ailleurs sur le devenir des mineurs mis à l’abri la nuit à l’ESI rue Bourret.

Harcèlement policier : depuis l’automne dernier, de manière régulière les policiers investissent le jardin Villemin pour interpeller, à chaque fois, une dizaine d’afghans. Il sont systématiquement relâchés, avec ou sans APRF. Selon l’humeur des policiers. L’APRF met les exilés en « procédure démarche prioritaire » lors de la demande d’asile, ce qui prive l’exilé de la possibilité d’un hébergement et de l’allocation temporaire d’attente et donc accroit le nombre qui devra rester dehors.

CAMRES : la police a constaté qu’il n’y a pas de « trouble à l’ordre public » dans le stationnement des exilés devant les locaux. Le Camres remplit une véritable fonction « accueil de jour »

Kiosque : regret que le kiosque ne soit pas le lieu d’accueil et d’information tel que pensé au départ. Pas d’accueil de jour et accueil sur rendez vous. Pas d’accueil des mineurs.

Sur les différentes questions

1. Violences/harcèlement policier.

Le maire rappelle qu’il n’est pas responsable de la police. Concernant les interpellations, n’ayant pas eu d’autres remontées que la nôtre, il n’a pas l’impression que ce soit massif. Il n’a pas de remontées de consignes récentes de la Préfecture de Police. Il y a une possibilité de travail commun avec le nouveau commissaire.

Il s’’interroge sur la possibilité que les interpellations aient été la conséquences des bagarres entre jeunes de la cité Granges aux Belles et exilés pour des questions de racket. Aux remarques du collectif (« les interpellations ne font pas suite aux bagarres et sont l’oeuvre de policiers en civil »), le maire remarque que « policiers en civil ne dépendent pas du commissariat du 10éme mais plutôt des renseignements généraux ». Il s’engage a demander à la police de ne pas procéder à l’interpellation d’exilés pour situation irrégulière. Il nous invite à dire aux exilés de ne plus se bagarrer dans le jardin Villemin car si les bagarres continuent il ne pourra plus tenir sa position de « jésuite » (on ferme les yeux sur le fait que les exilés y rentrent la nuit car ils sont plus en sécurité, mais s’il y a des bagarres on ne le pourra plus.)

2 Destruction des duvets

Le maire ne pense pas que les agents des jardins soient les auteurs de la destruction, il l’ont fait une seule fois avec l’accord des exilé car les duvets étaient des vieux et qu’ils en avient reçus d’autres. Les agents ont des consignes de la mairie, consignes très formelles de non destruction des duvets et affaires personnelles des exilés. Il n’exclut pas « l’initiative individuelle » etsouligne les conditions de travail très dures des agents des espaces verts et les tensions sociales possibles entre deux groupes d’individus vivant des choses difficiles, les exilés d’une part, les jardiniers et agents d’entretien de l’autre. La DPP lui a également dit ne pas être à l’origine de cette destruction. Le maire se pose la question de la réalité même de cette destruction malgré les observations faites dans le jardin le 22 décembre après midi et les déclarations des exilés eux-mêmes.

Les difficultés et le mal-être concernent et les jardiniers et la sécurité, catégories socioprofessionnelles en difficulté. Ces agents comprennent la situation des migrants mais les relations sont difficiles, parfois ils se font insulter, surtout les femmes qui viennent des départements d’outre mer. Les agents vivent mal les accusation et suspicions comme par exemples « les agent voleraient l’argent et les affaires des exilés ». « C’est clair que sur la place de Paris travailler dans le 10è est difficile ». Il y a beaucoup de départs. Des agents ont demandé leur mutation et on ne veut pas être affecté dans le 10è. Il faut mettre en place une médiation avec les associations car au printemps les familles avec enfants vont fréquenter le jardin et on ne peut pas continuer comme ça. Une réunion aura lieu au printemps en partenariat avec les espaces verts et les associations.

les association font remarquer que nous n’avons pas émis d’accusations et comprenons la difficulté des agents. et soulignent trois points à traiter a) l’hébergement des exilés. Nous demandons que le maire et les élus forcent plus au niveau du ministère et de la Mairie de Paris. Il faut peser plus fort pour permettre aux exilés qui le désirent de pouvoir s’établir ici. b) la mise en place d’une Bagagerie pour entreposer les duvets et soulager les agents des jardins. c)L’installation de nouvelles Toilettes car elles sont insuffisantes

3 conditions de vie des exilés : hébergement de nuit et accueil de jour

Toilettes : La mairie du 10ème serait d’accord pour permettre l’accessibilité des toilettes la nuit mais la direction des espaces verts n’est pas d’accord (Fabienne Giboudeau). Cela peut effectivement poser des questions de sécurité. Il y a par ailleurs un problème d’hygiène publique et la répression des fraudes a émis des réserves sur l’état du terrain de jeux pour les enfants. Une mise en demeure concernant l’hygiène des bacs à sable est arrivé récemment à la mairie.

Hébergement : Le maire et les élus du 10è mettent la pression mais Boutin a dit « je ne ferai pas plus ». Et la DASS a annoncé 100 places, qui ne seraient pas seulement liées à la période hivernale suite à la pression exercée cet automne.

Bagagerie : Associations pas favorables à une bagagerie. Gérer la bagagerie demande un temps complet, et les associations préfèrent confier d’autres missions à des salariés. Restaurant social plus prioritaire

Plan grand froid et 4è bus : Dispositif insuffisant, « … je vais demander qu’il reste mais ne me demandez pas que je sois un associatif de plus, j’ai mes propres relations à instaurer, ne me demandez pas que ,sur Villemin, je ne vois seulement que les problèmes des exilés. Ce jardin ne peut être entièrement dédié aux exilés. La volonté du gouvernement de les prendre en charge est nulle. Pour le 4ème bus, je vais demander qu’il reste ». Le quatrième bus est fonction des places disponibles, notion liée aussi pour les acteurs de ce dispositif aux capacités des groupes à s’intégrer à la boulangerie

Accueil de jour : dispositif insuffisant mais pas de perspectives à court terme. La présence des exilés devant le CAMRES entraine une rapport de force avec les riverains et on est sur la mauvaise pente. Le CAMRES a été créé dans d’autres circonstances pour une autre public à l’époque. Manifestement les locaux ne sont plus adaptés à l’accueil inconditionnel. La Mairie est prête à aider le CAMRES afin de changer de lieu et de statut pour obtenir d’autres sources de financement

4 Mineurs :

De plus en plus de mineurs afghans. Myriam El Komry a beaucoup de volonté. Les frontières légales entre les responsabilités de la ville et de l’Etat sont floues mais ce n’est pas la peine de se renvoyer la balle. On a réussi à faire prendre conscience à la Ville que c’est aussi de sa responsabilité, et à faire évoluer les mentalités de certains responsables. Les changements ne s’effectuent cependant pas en quelques mois.. La mairie prend en compte les remarques sur l’insuffisance de l’hébergement et les dysfonctionnement de l’ASE et les fera remonter auprès de Myriam El Khomri.

5 tolérance des riverains

Le maire rappelle qu’il n’est que maire et donc ne peut pas s’occuper seul de l’accueil des migrants qui s’annoncent. Il faut que les autres arrondissements se chargent aussi de l’accueil. D’autant plus que la tolérance des riverains n’est pas extensible. Il passe beaucoup de temps pour l’entretenir. « … les exilés habitants du 10è » je peux le dire par esprit militant mais si on n’amène pas avec nous la majorité de la population…. J’ai pris l’engagement pour que devant le kiosque il n’y ait pas d’attroupement. Pour la perennité des actions en direction des exilés dans le 10ème, si on n’a plus l’empathie et la solidarité des habitants on aura perdu la première bataille puis la guerre. Cette empathie n’est jamais définitivement acquise

Tolérance des riverains : le Kiosque est ouvert, se met en place, fonctionne. L’ouverture d’un local comme ça n’était pas chose facile. On a l’impression que le 10è est un arrondissement solidaire mais quand on veut mettre en place les riverains s’organisent. Beaucoup de tolérance mais quand les choses se précisent la tolérance devient moindre. Pour qu’une structure tienne durablement il faut y aller doucement. C’est ce que nous avons demandé au kiosque. Le problème des migrants qui arrivent dans le 10è ira croissant mais je ne pense pas que le 10ème ait à « supporter » seul cette problématique..

6 Le Kiosque

Dans cette problématique de l’hébergement et de l’accueil de jour le Kiosque doit jouer un rôle de régulation et mettre en place des partenariats hors du 10ème pour l’accueil des exilés.

Les rafles discriminatoires d’étrangers seraient-elles légales ?

Dimanche 7 mai 2006, huit avocat-e-s de l’Association de défense des droits des étrangers (ADDE) et des militant-e-s de la CIMADE, du Collectif de soutien des exilés, du GISTI, du MRAP et des Verts se sont mobilisés durant douze heures au Palais de justice de Paris pour la défense des dix Afghans arrêtés à Paris (10ème) le 4 mai et maintenus en rétention. Leur interpellation, à laquelle quatre témoins avaient assisté, avait eu la particularité de s’effectuer sélectivement à partir du critère de la nationalité. Seuls, ceux qui se disaient Afghans avaient été embarqués.

A 14h, « pour raisons de sécurité », les audiences, qui s’étaient jusque-là déroulées dans une grande salle, ont été délocalisées dans un bureau de 10m2 au moment précis où allait être examinée la situation des dix Afghans. Ce déplacement a eu pour conséquence d’éloigner les soutiens – de 20 à 30 personnes suivant les heures – des débats. Relégués dans la salle d’attente voisine, ils ont été condamnés à entrevoir les audiences au travers d’une porte maintenue ouverte à l’aide d’une bonbonne d’eau. C’est ainsi que fut formellement respecté le principe pourtant démocratique de la « publicité des débats ». Aucune protestation, y compris celle de la représentante du barreau de Paris, n’a permis d’échapper à ce bricolage judiciaire.

Sur le fond, les avocats ont fondé leur défense visant à faire libérer les étrangers sur le caractère discriminatoire de ces arrestations effectuées dans la probable intention d’une expulsion collective, interdite par la Convention européenne des droits de l’homme. D’autres illégalités ont été soulignées : tardiveté de la notification des droits, manque de critère objectif d’extranéité, défaut de certaines mentions dans le registre de détention, durée excessive de la garde à vue de mineurs présumés avant le signalement au parquet, examen de détermination de l’âge effectué sans interprète et sans notification des résultats à la personne concernée.

A 21h, le jugement a rejeté les exceptions de nullité sur l’ensemble des dossiers, et ordonné le maintien en rétention de l’ensemble des retenus pour une durée de 15 jours.

Les arrestations du 4 mai, dans le cadre d’une réquisition du procureur de la République, communément appelée rafles, avaient également concerné une vingtaine d’autres Afghans, dont nul n’a de nouvelles depuis lors. Auraient-ils été poursuivis pénalement pour séjour irrégulier, et expéditivement condamnés à une peine de prison ?

Le Collectif a véritablement apprécié à sa juste valeur la mobilisation rapide, gratuite et efficace des avoca-t-e-s, ainsi que l’excellence de la relation qui s’est instituée entre eux et les cinq associations impliquées dans une étroite collaboration. « On n’avait pas vu ça depuis le mouvement des sans-papiers de Saint-Bernard », ont remarqué certains participants.

Les réfugiés irakiens de Paris n’auront que le pavé pour dormir.

Depuis la fermeture des structures d’hébergement d’urgence de Sangatte, des exilés kurdes d’Irak et d’Iran pour la plupart, dispersés par la police hors du Calaisis, vivent et dorment dans les rues du 10ème arrondissement, aux alentours des gares, sans aucune assistance.

Sur la pression d’un collectif de soutien [1], le conseil de Paris et le conseil d’arrondissement du 10ème ont voté des voeux visant principalement à demander la mise en place de mesures d’urgence pour l’hébergement, la nourriture, la santé et l’hygiène des “ réfugiés ”.

Le Maire du 10ème a rencontré le cabinet du ministre des affaires sociales et vient de rencontrer le Préfet de Paris. Mais depuis plus d’un mois, les voeux sont restés pieux et le gouvernement n’a pas tenu les maigres engagements qu’il avait pris (notamment pour l’aide alimentaire). La situation n’a pas bougé d’un iota et elle va s’aggraver avec la fin des soupes populaires de l’hiver et la fermeture des centres d’accueil, le 30 avril.

Aujourd’hui, les exilés, dont certains sont mineurs, sont désespérés et épuisés. On peut pourtant compter sur les doigts de la main ceux qui souhaitent retourner dans leur pays. Certains veulent se rendre en Angleterre, d’autres souhaitent rester en France mais hésitent à faire une demande d’asile. Comment ne pas hésiter à se lancer dans procédure qui dure en moyenne deux ans quand on dort dehors ?

A l’heure des grandes déclarations humanistes de Jacques Chirac sur l’accueil d’enfants irakiens, que signifie l’inaction et l’attentisme du gouvernement vis à vis des réfugiés irakiens ?

Le collectif de soutien des réfugiés du 10ème dénonce l’hypocrisie du gouvernement et lance un appel à la mobilisation.

Alima Boumediene-Thiery, sénatrice de Paris (les Verts), avec les exilés du 10ème

En 2002, le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, décidait de fermer à grand renfort de communication médiatique le centre de Sangatte (Nord Pas de Calais) par lequel passaient des milliers d’exilés en partance pour l’Angleterre. Or si Sangatte a disparu du paysage, les exilés eux sont encore là, à Sangatte ou à Paris, errant dans les rues sans plus aucune structure adéquate pour les accueillir.

Des Afghans, des Kurdes, des Irakiens ou encore des Iraniens sont passés par les rues du Xe arrondissement de Paris, aux alentours de la Gare de l’Est, hésitant entre demander asile à la France ou espérer rejoindre l’ « eldorado » britannique.

Des centaines de personnes vivent aujourd’hui dans le 10ème arrondissement dans des conditions d’une extrême précarité, déambulant dans la rue durant la journée, en attente d’un repas servi le soir par la soupe populaire devant l’église St Laurent. Trois bus mis en place par la RATP sont censés les amener ensuite dans des hôtels et foyers d’accueil. Mais tous les soirs, par manque de place, plusieurs dizaines d’exilés dorment dehors, dont parmi eux, honte absolue, des mineurs.

La politique menée vis-à-vis de ces populations va à l’encontre des obligations de la France, notamment des conventions internationales qu’elle a ratifiées concernant les mineurs ou encore les droits fondamentaux de la personne.

Les mineurs isolés constituent une proportion importante des migrants survivant dans les rues du 10ème. En dépit de leur droit inaliénable à une protection de la part de l’Etat, nombreux sont ceux qui se retrouvent à la rue, clochardisés par l’insuffisance des dispositifs de prise en charge de l’Aide sociale à l’enfance ou des associations spécialisées.

Les pouvoirs publics semblent nier le plus souvent l’existence de ces mineurs ou refusent même de la voir.

Malgré les multiples sollicitations, les différents gouvernements refusent depuis 3 ans d’assumer leurs responsabilités en matière d’accueil des exilés, mineurs ou non. Et la fin prochaine des hébergements d’urgence hivernaux ne règle pas la question des exilés qui vont être encore nombreux à errer dans les rues.

Une association, le Collectif de soutien des Exilés du 10ème, se bat depuis trois ans pour aider ces populations et mettre les pouvoirs publics face à leurs responsabilités.

En signe de solidarité, madame Alima Boumediene-Thiery, sénatrice de Paris (les Verts), se rendra ce soir, vendredi 17 mars, auprès des Exilés du 10ème afin de constater cet état de fait et pour soutenir l’association et ces étrangers que la France refuse d’accueillir dignement.

L’illégalité et l’arbitraire dans la République

Aujourd’hui, 24 décembre une délégation composée de Jean Vuillermoz, président du Groupe communiste au Conseil de Paris, Catherine Gégout, conseillère de Paris, Fernanda Marrucchelli, membre du Conseil National du PCF et Suzy Lornac, membre du collectif ” Migrations et citoyenneté ” s’est rendue au 218 rue d’Aubervilliers (Paris19e) au Centre de réception des étrangers. Ce Centre reçoit les demandeurs d’asile dans des conditions d’accueil déplorables.

Ce que nous avons vu nous choque et nous indigne. Seulement 20 à 30 personnes primo-arrivants, parmi une foule d’une centaine, sont reçues selon les directives officielles pour simplement retirer un premier formulaire de demande d’asile. Les autres sont obligés de reprendre la file d’attente et de passer une nuit, voire plusieurs sous la pluie et le froid.

Or, la loi du 25 juillet 1952 relative à l’asile impose que les demandeurs d’asile soient reçus “sans délai”, alors qu’ils demandent la protection garantie par la Convention de Genève. Le Conseil d’Etat a toujours confirmé cette exigence.

Le personnel d’accueil de la préfecture, en nombre très insuffisant, travaille dans des conditions qui ne permettent pas un accueil de qualité et de respect de la personne humaine. Ces étrangers désemparés n’ont même pas d’informations fournies dans leur langue ! La situation de ce Centre montre bien comment les pouvoirs publics construisent les politiques sur les migrations et sur l’asile basées sur l’illégalité et l’arbitraire.

Il est temps de construire d’autres solidarités, une autre politique des migrations fondée sur l’égalité des droits.

Les communistes demandent que cesse cette situation effroyable et que des Centres d’Accueil de Demandeurs d’Asile (CADA) en nombre suffisant et avec un personnel formé soient ouverts.

Ils demandent aussi l’ouverture des centres d’information pour les étrangers primo-arrivants afin que les personnes puissent décider en connaissance de cause de leur avenir, dans des conditions dignes. Ils demandent que soit garanti le droit à l’hébergement et le rétablissement du droit au travail pour les demandeurs d’asile.

Appui d’Angleterre a l’appel a coucher dehors

Aux sans-papières et sans-papiers et leurs supporters qui manifestent au Square-Jardin Villemin, à Paris samedi le 12 juillet 2003.

Acceptez nos salutations solidaires et notre appui entier à votre lutte pour de meilleurs conditions de vie. Nous sommes des femmes et des hommes, immigrants et non immigrants, réfugié/es, personnes de couleur qui travaillons avec celles et ceux qui parmi nous se battent pour obtenir leurs papiers.

Comme en France, des milliers de personnes sont maintenant privés d’hébergement et se retrouvent à la rue alors qu’elles sont venues chercher asile en Angleterre. Un grand nombre de ces personnes sont des femmes d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Europe de l’Est. Certaines d’entre elles ont fuit des zones de guerre et des dictatures soutenues par l’Occident, avec leurs enfants, après avoir été victimes de viol et autre torture. Elles font maintenant face à l’impossible alternative entre vivre dans la rue ou être enfermées dans des centres d’hébergement ou de détention, qui ne sont en fait que des prisons. Les enfants qui cherchent asile sont aujourd’hui privés du droit d’aller à l’école avec d’autres enfants.

Le nouveau mouvement des sans-papiers, initié par des Africaines et des Africains a su donner une orientation au mouvement contre les lois d’immigration et le racisme. Nous appuyons les occupations d’églises et les autres actions en France depuis 1996, et en Espagne en 2001, où se trouve des membres de notre réseau. La détermination des sans-papiers, et en particulier des sans-papières, d’être autonomes des partis politiques et du secteur associatif établi a été un précédent essentiel pour nous toutes et tous qui luttons pour une plus grande justice. L’autonomie à l’égard du secteur associatif est encore plus décisif aujourd’hui.

Le mouvement pour des “papiers pour tous” s’est répandu en Europe et en Amérique du Nord, et insuffle une vie nouvelle au mouvement en Angleterre. Il est une source d’inspiration alors que nous confrontons quotidiennement le secteur associatif établi pour lequel l’asile n’est plus un droit humain, mais une entreprise de laquelle ils peuvent tirer profit à nos dépens.

En vertu de lois récentes, le gouvernement a privatisé les services publics offerts aux demandeuses et demandeurs d’asile, en les sous-traitant à des organisations du secteur associatif. Le Refugee Council (RC) et cinq autres ONG administrent maintenant le “soutien” pour le compte du gouvernement.

De concert avec l’organisation Legal Action for Women, nous dénonçons ces ONG qui administrent des politiques gouvernementales racistes et inhumaines. Ces politiques incluent : l’hébergement des femmes vulnérables dans des bâtiments délabrés où elles doivent partager les toilettes et les salles de bain avec les hommes – une femme y a récemment été violée, et des plaintes de violence sexuelle ont été portées ; l’expulsion de leur habitation temporaire des demandeuses et demandeurs d’asile, y compris des mères avec enfants qui se retrouvent à la rue ; le déplacement des gens dans des zones isolés, loin des ressources d’appui et où elles sont plus vulnérables aux attaques racistes ; des femmes enceintes, âgées ou vulnérables sont forcées de faire la file au bureau du Refugee Council parfois à partir de 4 heures du matin pour souvent se faire répondre que rien ne peut être fait.

Nous exigeons que ces politiques soient abolies. Les demandeuses et demandeurs d’asile doivent avoir droit aux allocations sociales, au logement et à services d’éducation comme le reste de la population.

Votre action est une inspiration et une source de pouvoir pour nous. Nous espérons que vous trouverez également une inspiration dans nos actions pour renforcer votre lutte et maintenir le contact avec nous !

La lutte continue.

Sara Callaway (BWWFH) Benoit Martin (Payday)

Londres, le 12 juillet 2003

Appel à Manifester devant le Ministère de la cohésion sociale

Signataires d’une lettre ouverte à l’attention de Monsieur Borloo, plusieurs organisations et le Collectif de soutien des exilés du Xè arrondissement de Paris seront reçues par son cabinet, le vendredi 30 avril, autour de 18h00. Une manifestation partira Vendredi 30 avril à 17h00 du 176 rue de Grenelle (Paris 7ème) pour se rendre au 8, avenue de Ségur

 

Depuis un an, le Collectif de soutien des exilés du Xème arrondissement aide des Afghans, et des Kurdes d’Irak qui, depuis la fermeture du camp de Sangatte à la fin de l’année 2002, errent dans les rues de Paris, de Calais et d’autres villes françaises. Compte tenu de l’inhospitalité qui leur est opposée, beaucoup d’entre eux s’interrogent : resteront-ils en France ? y solliciteront-ils éventuellement l’asile ? ou poursuivront-ils leur errance à travers l’Europe à la recherche de cieux moins hostiles ? Ils sont ainsi entre 10 000 et 15 000 à transiter plus ou moins longtemps à proximité de la gare de l’Est.

Ce sont des étrangers qui ont fui des pays en conflit ou politiquement instables, dans lesquels les droits humains sont bafoués. Pour la plupart, ils ont franchi de nombreuses frontières et parcouru de nombreux pays, les uns non communautaires, les autres membres de l’Union européenne. Leur accueil n’y a pas été meilleur qu’en France.

Aux côtés de ces exilés, le Collectif de soutien pose publiquement des questions non résolues sur le droit d’asile et sur l’accueil des migrants en Europe.

Rien n’est prévu pour héberger et orienter les étrangers primo-arrivants qui, faute d’hospitalité et d’informations, ne savent ce qu’ils peuvent ou non demander.

S’agissant des demandeurs d’asile, nous avons obtenu, en mai 2003, une cinquantaine de chambres financées par la DDASS de Paris. En octobre, nos revendications ont contribué à la création de la ” plate-forme de transit ” gérée par France Terre d’asile (FTDA), dispositif d’attente en hôtels d’une affectation dans des centres d’accueil.

Quand de trop rares places se libèrent, les demandeurs d’asile sont dirigés soit vers des AUDA (Accueil d’urgence des demandeurs d’asile) sans guère de compétences en la matière et dotés de peu de moyens. Beaucoup quittent ces centres après quelques jours ou quelques semaines et, de ce fait, délaissent la procédure en cours d’examen de leur requête. Les plus chanceux vont dans des CADA (Centre d’accueil des demandeurs d’asile). Ces derniers apportant une aide juridique et sociale beaucoup plus complète que les AUDA, nous y voyons un traitement inégalitaire que rien ne justifie, et contraire au droit français.

Signataires d’une lettre ouverte à l’attention de Monsieur Borloo, plusieurs organisations et le Collectif de soutien des exilés du Xè arrondissement de Paris seront reçues par son cabinet, le vendredi 30 avril, autour de 18h00.

Une manifestation partira Vendredi 30 avril à 17h00 du 176 rue de Grenelle (Paris 7ème) pour se rendre au 8, avenue de Ségur

(Le parcours de la manifestation est le suivant : bvd de Latour Maubourg, ave Lowendal, ave Duquesne)

Ont signé la lettre ouverte à Monsieur Borloo : AMF, ATMF, Autre Monde, Collectif de soutien, Droits devant, France Libertés, La Cimade, Les Alternatifs, Le PCF, Les Verts.

Activités et maraudes du Collectif de Soutien des Exilés

2 mars

Le dispositif actuel serait prolongé jusqu’au 17 mars…. cela risque d’être chaud lorsque de 60 places on va passer à 25 !

Un jeune Afghan de moins de 15 ans est de nouveau dehors et déclaré en fugue. Ce jeune qui aura 15 ans le 21 mars était complètement désorienté lorsqu’il est arrivé à Paris en septembre 2011 ; envoyé par MSF à la PAOMIE, il en était revenu sans rendez-vous. Après intervention de MSF et du MRAP il avait été accepté, envoyé à l’ASE le surlendemain et pris en charge immédiatement. Ensuite mis à l’hôtel, ce jeune qui avait visiblement des problèmes psy, a accumulé les problèmes avec l’ASE qui ont conduit à une main levée. Saisine du juge et reprise en charge en juillet 2012. En septembre il semblait toujours aussi désorienté ; il était à l’hôtel après des échecs de placements en foyer ou en famille d’accueil. Ses copains sont venus nous voir vendredi en disant qu’il n’allait pas bien du tout, qu’il était devenu fou, qu’il parlait tout seul ; Eux-mêmes n’arrivent pas à discuter avec lui. Sa référente ASE, contactée immédiatement, a dit qu’une main levée n’a pas été demandée et qu’il peut revenir. Malgré les nombreux contacts avec l’ASE, la lettre de saisine … insistant sur le fait que ce jeune avait de graves problèmes (y compris de drogue) et qu’il nécessitait un suivi particulier, rien ne semble avoir été mis en place.

7 mars

Moins de monde à la PAOMIE (personne ne reste dehors le soir mais le gymnase doit fermer le 17) malgré l’arrivée de mineurs Afghans : 19 en une semaine.

Un jeune de Bergerac veut retourner en Afghanistan ; il dit en avoir assez et être fatigué… il avait été pris en charge avant 15 ans mais il y a deux mois il a tout laissé tomber. Il devait aller à l’OFII en disant qu’il a 18 ans (d’après sa taskera il en a 16) mais je ne l’ai pas revu et je ne sais pas comment ça s’est passé.

Un jeune pris en charge par enfants du monde puis par l’ASE il y a deux ans et ensuite parti en Angleterre veut maintenant être repris en charge par l’ASE ; problème il a maintenant presque 17 ans et à Paris cela risque de ne pas lui permettre d’obtenir une régularisation.

Le jeune en fugue est toujours dehors. Nous l’avons rencontré sur le canal mais il ne veut pas retourner à l’ASE ; il dit vouloir repartir en Afghanistan (ce dont ses amis doutent)

9 mars

Difficultés d’un jeune Afghan à fin de la prise en charge par l’ASE. Il a obtenu sa carte Vie Privée et Familiale mais maintenant il lui faut trouver du travail et un logement sur Paris, ce qui est difficile même avec un titre de séjour et un CAP en poche.

Un jeune revenu à Paris depuis janvier essaie d’avoir un rdv à la PAOMIE pour l’entretien de prise en charge… En Février la PAOMIE avait renvoyé l’hôpital robert Debré, où il était hospitalisé après une bagarre dans un hôtel de FTDA, vers nous en disant qu’ils ne le connaissaient pas alors que quelques jours auparavant nous avions discuté de son cas avec la nouvelle responsable de la PAOMIE. Contacté hier, l’accueil de la PAOMIE dit ce matin qu’ils n’ont trace de lui que depuis le premier mars ! De plus avec deux postes vacants, les maladies et les congés, il n’y avait qu’une intervenant à la PAOMIE la semaine dernière, ce qui retardait les possibilités d’entretien. Il commence à en avoir assez d’être baladé.

Le soir personne ne reste dehors car il y a moins de 60 personnes depuis début mars.

18 mars

68 jeunes sont entrés dans la PAOMIE, il restait donc 8 jeunes (le gymnase est toujours ouvert pour 35 jeunes) auxquels nous avons donné les 8 duvets qui nous restaient.

20 mars

Toujours autant de jeunes le soir au 127 bd de la villette…. (70 hier, 67 avant-hier) et le gymnase doit toujours fermer lundi prochain (à noter que la météo pour l’instant prévoit des températures réelles entre 0°C et 1°C de lundi à vendredi).

Un jeune Afghan âgé de 17 ans et 7 mois doit commencer une formation à Aprelis (service en salle) cela ne lui plait pas du tout et il voudrait aller dans une école “normale” ; le test du CASNAV passé en décembre n’a pas abouti à une orientation et il voudrait le repasser ; il doit aller à l’ADJIE samedi.

Un autre rencontre, lui, un problème de prise en charge par la PAOMIE. Arrivé il y a une semaine, il a eu un entretien lundi. Il a une taskera indiquant qu’il avait 15 ans en 1391 (donc du 21 mars 2012 au 20 mars 2013)… le soir il est ressorti blême de la PAOMIE car il a été mis à l’hôtel avec une fiche où il était indiqué 17 ans ! Fax à la PAOMIE qui dit qu’il y a eu une erreur et qu’il a 16 ans et trois mois…. Comment peut-il avoir plus de 16 ans le 18 mars quand l’année de ses 15 ans se termine aujourd’hui ? Alors que le jeune depuis une semaine dit qu’il a 15 ans et demi la PAOMIE a pris comme date de ses 15 ans le 1er janvier 2012… (soit le 11/10/1390) ; cette erreur a de graves conséquences quand on sait les différences de traitement (prise en charge et régularisation) entre les moins de 16 ans et les plus de 16 ans.

22 mars

Réunion avec la Mairie de Paris et comme on pouvait s’y attendre cela n’a rien apporté. Mise en avant des chiffres (sans se dire que ces sommes en augmentation ne sont pas une garantie de l’amélioration de la prise en charge), négation du fait que des mineurs soient laissés dehors (au passage on apprend qu’au gymnase il y aurait moins de 10 mineurs sur 35 personnes), satisfaction du travail fait par FTDA, rejet des constats faits par l’ADJIE de la situation des jeunes (des cas particuliers !)… un dialogue impossible.

25 mars

Comme prévu fermeture du gymnase mais (compte tenu des températures annoncées ?) ouverture de 12 place en hôtel… au moins pour ce soir. Il restait quand même 40 jeunes pour 25 places… soit 15 dehors.

26 mars

Les places d’hôtel ouvertes hier sont maintenues jusqu’à l’évaluation des jeunes par la PAOMIE.

Hier soir 10 jeunes sont restés dehors (35 personnes ce soir… depuis vendredi plus d’une dizaine de jeunes Afghans sont partis) et ceux évalués majeurs par la PAOMIE (même avec des documents prouvant leur minorité) ne sont plus mis à l’abri le soir.

29 mars

Un jeune pashtoun de 14 ans est passé par Paris il y a un mois ; il s’est ensuite rendu à Rouen et vient de revenir à Paris. Il a eu le malheur de dire à la PAOMIE qu’il venait de Rouen et était allé à l’ASE là-bas…. Donc comme il a été noté dans la fiche d’évaluation et d’information préoccupante : “ce jeune ne relève pas du territoire parisien”…. sauf que la prise en charge évoquée pour justifier ceci a consisté en une prise d’empreinte au commissariat où il s’était rendu, deux entretiens dont un en ourdou faute d’autre interprète, et trois nuits dehors car “il n’y avait pas de place disponibles et qu’il était en attente d’un examen d’âge osseux compte tenu du fait qu’il ne présentait pas de document”. Après ces trois nuits dehors le jeune a décidé de revenir.

Ils sont maintenant moins d’une dizaine à ne pas être pris le soir.

2 avril

Depuis la fermeture du gymnase ce sont environ 8 mineurs chaque soir qui restent dehors… sans compter tous ceux qui ne sont plus acceptés le soir car évalués majeurs ; en effet comme l’ASE après les expertises osseuses, FTDA met dehors ceux qui ont été évalués majeurs (sur la base du questionnaire habituel) même si ils possèdent des documents prouvant leur minorité… c’est le cas de maliens et aussi d’une jeune bangladeshis qui depuis trois nuits dort dehors.

4 avril

Le jeune (dont je parlais le 20 mars) s’est rendu au CASNAV et a découvert que contrairement à ce que disait sa référente de l’ASE il y avait réussi son test en Décembre et avait eu une orientation pour une inscription dans un collège parisien.

8 avril

Une règle appliquée par FTDA qui me semble pour le moins étonnante : D’après ce qui nous a été dit, si la date de naissance n’est pas indiquée (ce qui est le cas des taskeras afghanes), est retenue comme date de naissance le premier jour du premier mois de l’année civile (en l’occurrence pour les Afghans le 21 mars). FTDA aurait donc fait le choix de choisir la date la plus défavorable aux jeunes concernés. Pourtant souvent les juges des enfants, lorsqu’ils décidaient de fixer une date de naissance, tenaient compte de ce que pouvait dire le jeune lors de l’entretien et ne retenaient que très rarement comme date de naissance le premier jour de l’année civile ; certains retenaient la date de rédaction de la taskera, d’autres le 31 décembre de l’année. Ils accordaient le bénéfice du doute au mineur. L’ASE elle-même, dans de nombreux cas, n’applique pas la règle qui semble être utilisée par FTDA. Ceci n’est pas anecdotique dans la mesure où cela peut mettre en péril l’avenir du jeune, comme dans le cas présent où ce jeune, disant depuis son arrivée qu’il avait moins de 16 ans (15 ans et 7 ou 8 mois), se retrouve avec un âge de 16 ans et 3 semaines, privé ainsi d’une possibilité d’obtention d’une carte vie privée et familiale à ses 18 ans.

9 avril

L’ASE de Rouen et le Défenseur des Droits ont été saisis de la situation de ce jeune Afghan revenu de Rouen (voir ce qui a été écrit le 29 mars)

11 avril

Augmentation du nombre de mineurs à la PAOMIE : 54 ce soir pour 25 places… pas mal de nouveaux Afghans (6 aujourd’hui dont 4 arrivés ce soir, et 17 en 11 jours).

Après ce jeune de 15 ans et 7 mois, qui a été évalué à 16 ans et 1 mois (FTDA prenant maintenant le premier jour de l’année civile afghane), un autre vient de se voir attribué un âge de 17 ans et 3 mois alors que d’après sa taskera il est né entre le 21 mars 1996 et le 20 mars 1997 et que la PAOMIE dans un premier temps avait retenu la date qu’il indiquait (et justifiait) soit le 01/01/1996 ; le premier a perdu son droit à la carte VPF, le deuxième son droit à une scolarisation, une formation et en conséquence à une régularisation.

24 avril

Deux personnes travaillant à la PAOMIE nous disent que la moyenne en ce moment est d’une cinquantaine de jeunes le soir dont seulement 25 sont hébergés à l’hôtel. (ESI fermé depuis un moment ainsi que le gymnase fermé depuis la fin théorique de l’hiver). Ce sont les chiffres que nous constatons aussi ce soir et qui nous sont confirmés par les jeunes. Nous sommes frappés par le jeune âge que semblent avoir beaucoup de jeunes. Le nombre de mineurs semblant être âgés d’une quinzaine d’années nous parait plus important que d’habitude, y compris dans le groupe des jeunes qui ne sera pas hébergé à l’hôtel ce soir. L’un d’eux nous confirme avoir été « évalué » par la PAOMIE (pas de test osseux) à 15 ans, mais n’avoir jamais été hébergé par la PAOMIE depuis qu’il est là (on ne sait pas depuis combien de temps il est là).

Il nous restait 4 duvets à donner aux jeunes de la PAOMIE. A nouveau, nous ne sommes pas à même de savoir à qui nous devrions donner les duvets (comment savoir qui sont les plus faibles, ceux qui n’ont pas de manteaux, ceux qui ne sont jamais hébergés etc.), un jeune qui parle français nous aide et communique avec le reste du groupe constitué d’un peu plus de 20 jeunes (dont certains semblent encore une fois très, très jeunes). Ce jeune nous dit qu’ils peuvent s’arranger entre eux, partager les duvets et nous désigne par ailleurs un jeune qui n’a jamais été hébergé. Nous donnons les 4 duvets en espérant ne pas créer de bagarre…

Et c’est un petit peu sonnés et mal à l’aise avec les dilemmes du soir que nous sommes repartis…

13 – 19 mai

Une vingtaine de jeunes Afghans sont arrivés depuis 10 jours, mais hier soir ils étaient presque tous partis sauf 5 (43 jusqu’ici en mai).

Revu le jeune Afghan en fugue depuis trois mois ; il était avec un copain qui nous a demandé de le faire reprendre en charge par l’ASE … ce qui ne pose aucun problème vu nos contacts avec sa référente à l’ASE. Le problème est que lui ne semble guère convaincu, même si jeudi il semblait approuver ce que disait son copain.

Jeudi matin à la demande de deux jeunes nous avons téléphoné à Lariboisière où un autre mineur avait été hospitalisé en urgence la nuit précédente ; FTDA l’avait mis à l’hôtel mais sans plus et bien entendu personne n’était disponible pour le faire sortir de Lariboisière ; nous y sommes donc allés.

Dans les hôtels où FTDA met les mômes la nuit, plusieurs mômes se sont fait piquer par des insectes : ils sont couverts de cloques ; FTDA dit qu’ils ont fourni des produits aux hôteliers mais que ceux-ci ne les utilisent pas souvent et que les draps ne sont pas changés : les hôteliers accusent les jeunes d’apporter des parasites chez eux.

Les éducateurs des foyers ont quelques problèmes avec les procédures de régularisation lorsqu’il ne s’agit pas de demander une carte de séjour à 18 ans ; Dans un foyer de Normandie, il a fallu deux mois avant qu’il ne se décident à compléter le dossier de demande de nationalité et plusieurs coups de fil pour qu’ils comprennent qu’il fallait aller au Tribunal d’instance et non à la préfecture ; De plus en déposant le dossier, ils ont mis en avant la date de l’OPP et non celle de l’attestation de prise en charge de l’ASE, d’où un premier refus du greffe qui, contacté par la suite, m’a dit qu’avec l’attestation de l’ASE de prise en charge avant 14 ans il n’y aurait eu aucun problème sauf qu’on ne lui avait pas montré.

20-26 mai

Une quarantaine de jeunes chaque soir à la PAOMIE (un peu moins le week-end) ; peu d’arrivées de jeunes Afghans mais beaucoup de départs (ils étaient samedi seulement 3 à se présenter le soir).

Un retour d’un jeune de METZ ; après 11 mois de prise en charge là-bas (pris en charge à 16 ans d’après ce qu’il dit) il veut partir dans une autre ville… sans garantie d’être accepté. Il doit avoir de bonnes raisons de partir mais il n’était pas facile d’en discuter dehors à Jaurès.

Le jeune en fugue est retourné à l’ASE mardi matin et a été repris en charge… pas de nouvelle depuis et j’espère qu’il y est toujours.

Un jeune qui est au foyer Stendhal a passé une expertise osseuse il y a deux semaines et commence à déprimer car il n’a toujours pas le résultat… cela fait 4 mois qu’il a été envoyé dans ce foyer de FTDA et deux mois qu’il a été présenté à l’ASE.

Le jeune revenu de Rouen a été mis à l’abri au foyer Enfants du Monde, sur intervention des services de la Défenseure des Enfants.

Les familles

9 mars

Arrivée d’une famille (la mère et 4 enfants)… le rendez-vous à la CAFDA est le 2 juillet !!!

4 avril

Une famille se plaint du suivi de la CAFDA ; depuis aout 2012, ils n’ont toujours pas de couverture sociale, même pas d’AME… donc pas non plus de carte solidarité transport et ils sont logés en zone 5. Même chose aucune intervention pour résoudre un problème de facture d’un hôpital en aout (90 euros)

Questions autour de l’Asile

7 mars

Un interprète de l’armée française parti en Norvège revient en France et veut savoir que faire : apparemment sa demande d’asile n’a pas encore été traitée en Norvège et il voudrait faire venir sa famille dès maintenant (elle est en Turquie) ; il va peut-être réintroduire une demande d’asile en France en profitant de la prise en charge d’autres interprètes par la France.

2 avril

Un Afghan est revenu après un retour volontaire en juin dernier ; empreintes en Hongrie et en Autriche lors de son retour mais il avait demandé l’asile en France et avait été débouté par l’OFPRA l’an dernier ; il peut présenter un nouveau cas d’asile mais reste à savoir si ne va pas être mis sous Dublin

4 avril

Gros problème aussi pour la domiciliation : aucune possibilité d’en obtenir une pour des démarches de demandeurs d’asile en réexamen à la préfecture en ce moment. Certains primo arrivants qui pourraient se faire domicilier à FTDA préfèrent faire une demande au CASP. Ils trouvent qu’avec FTDA les rdv à la préfecture sont trop éloignés (effectivement deux ou trois mois pour le rdv de prise d’empreinte). Mais si on prend en compte le temps d’attente pour le rdv domiciliation au CASP (actuellement de plusieurs mois) le gain de temps est réduit à néant, et par ailleurs ceci réduit les possibilités de domiciliation de ceux en réexamen.

6 avril

Lors de la réunion de samedi, la question de l’ouverture d’un compte est revenue par l’intermédiaire d’un réfugié statutaire qui s’était fait envoyer balader plusieurs fois par La Poste, malgré le fait qu’il détenait un récépissé.

A ce propos, suite aux référés allocation temporaire d’attente pour les dublinés, les personnes qui avaient reçu des chèques ont enfin pu demander l’ouverture d’un livret A, et cela après que la directrice de la poste de Max Dormoy se soit lamentée sur le fait que leur poste doit gérer tous les demandeurs d’asile (c’est un fait), qu’en tant qu’entreprise commerciale, cela ne rapporte pas d’ouvrir des livret A…et que la clientèle “autochtone” était gênée par tous ces demandeurs d’asile….

Pour les référés ATA, Pôle Emploi attend toujours des instructions pour pouvoir enregistrer les dublinés (au moins 200 dossier en attente) tandis que le TA de Paris continue de condamner Pôle Emploi…à ce titre trois nouveaux référés devraient partir cette semaine pour des personnes rencontrées lors des réunions précédentes et, pour quatre personnes rencontrées ce samedi, des référés devraient partir la semaine prochaine.

Nous avons rencontré un jeune épuisé qui est allé à la préfecture début avril et pour lequel un second rdv a été donné le 7 juillet. Un courrier a été fait où il demande qu’un rdv à plus bref délai lui soit transmis….Si la préfecture ne répond pas, le TA de Paris sera saisi en référé .

Concernant les Offres de Prise en Charge en CADA, un Irakien qui a eu son récépissé en octobre dernier n’a toujours pas l’ATA faute d’OPC …. Un courrier a été transmis à la préfecture de région pour demander une OPC et faute de réponse le Tribunal Administratif sera saisi. Il semble préférable de tenter cela plutôt que faire le sous-traitant de la préfecture pour la délivrance des OPC.

Toujours des questions tournant autour du temps de procédure pour enregistrer une demande d’asile en France pour ceux qui ont laissé des empreintes en Europe.

13-19 mai

Toujours le blocage pour les domiciliations administratives, notamment pour les réexamens : L’association « Jean Merlin » n’est pas joignable (message disant qu’ils ne peuvent plus accepter de nouvelles dom), le CASP reprendrait en juillet, Domasile accepte à titre très exceptionnel… reste le Cèdre, ce qui ne fait pas beaucoup de possibilités.

18 mai

Assez peu de personnes présentes ce samedi, une quinzaine, probablement à cause de l’incertitude qu’il y a eu sur la tenue de la permanence.

Nous leur avons expliqué l’actualité de l’ATA à Pôle Emploi s’agissant de la note de service qui est enfin sortie pour le versement aux dublinés et les conséquences pour eux.

Toujours des questions sur Dublin, notamment deux cas ayant eu des parcours assez complexes dont un qui a été enfermé 19 mois en Bulgarie.

Un Afghan qui est très malade et sans logement, a reçu la facture de l’hôpital de 50 euros qu’il ne peut pas payer. Il a des pertes de conscience et il subira une opération importante et risquée cet été, il ne sait pas où aller à sa sortie de l’hôpital.

Hébergement et conditions de vie

18 mars

Les 30 duvets sont partis le soir même :

À la fin du deuxième bus, lors de l’inscription des noms pour avoir une place dans le bus du lendemain, nous avons croisé un Marocain débattant avec un Afghan des quotas par nationalité dans les bus. L’Afghan soutenait les quotas par nationalité, alors que le Marocain défendait le principe selon lequel la nationalité devrait s’effacer quand il s’agit de donner des places pour dormir lorsqu’il fait très froid. Le Marocain parlait très bien espagnol, pays qu’il a quitté suite aux problèmes que l’Espagne rencontre actuellement. Il avait côtoyé en France des personnes en situations très précaires pour lesquelles l’absence de titre de séjour était un frein pour trouver un emploi. Il trouvait dommage que la France traite ainsi les étrangers car elle perdait de la richesse en empêchant l’activité économique que les étrangers pourraient générer s’il était plus facile d’obtenir des papiers. Le fait que la France soit appelée le pays des droits de l’homme le faisait rigoler avec amertume. Compte tenu des quotas ethniques et du manque de place en hébergement d’urgence, il a dû dormir dehors ou rester éveillé toute la nuit.

Un monsieur qui était amputé d’une jambe ne pouvait pas prendre de duvet car il ne pouvait pas le transporter avec ses béquilles. Il est allé rejoindre sous un porche proche du canal un groupe de personnes qui y était abrité. Deux d’entre nous l’ont suivi avant de nous rejoindre devant la PAOMIE où nous avons donné les duvets restant aux 8 jeunes non hébergés. On a appelé les pompiers qui ont pris en charge le monsieur amputé.

Un petit groupe a également été voir si des personnes étaient toujours abritées sous le métro aérien et place du Colonel Fabien. Une seule tente vide sous le métro et rien sur la place.

28 mars

Nous avons rencontré (Collectif, FLA, MRAP, LDH) Marie-Pierre Allie, Présidente MSF et Mme Mouniaman-Nara, responsable des programmes France.

Cet entretien fait suite à une demande de rendez-vous que plusieurs associations avaient faite à MSF dans une lettre dans laquelle nous interpellions l’ONG sur les difficultés liées à la fermeture du centre d’écoute et de soins Passage Dubail dans le 10ème arrondissement.

La fermeture du centre nous a bien sûr été confirmée, l’objet de l’entretien que nous avons eu était notamment d’en éclaircir les raisons, de signaler que nous étions en désaccord avec la manière dont cela s’était passé, d’insister à nouveau sur les difficultés que la fermeture pose pour les exilés et les associations et de savoir si l’ouverture d’une nouvelle structure était envisagée.

Sur les raisons de la fermeture : ce point a été longuement abordé sans que nous soyons convaincus in fine. Il nous a été difficile de comprendre les raisons réelles de cette fermeture.

Nos interlocutrices ont rappelé que MSF agit à l’international principalement et rarement en France (peu d’exemples : le saturnisme, l’accès aux soins des personnes en situation de précarité). Elles ont insisté sur le fait que MSF ne veut pas que ses actions soient uniquement un palliatif aux défauts du système de soins français. Un vide était comblé par le centre Dubail, mais ceci n’était pas suffisant. MSF accepte que l’impact de son action soit temporairement de combler le vide, mais il faut ensuite que son action conduise à des évolutions du système estimé défaillant, ou à une « capitalisation » politique de l’action (se servir de l’expérience sur le terrain pour faire voter une loi par exemple). Nous leur avons fait remarquer que lorsque des actions politiques ont été initiées par d’autres associations notamment dans le 10ème, MSF ne s’est jamais engagé malgré les sollicitations. Elles nous ont répondu que si l’action concernait l’hébergement par exemple, certes cela pouvait avoir un lien avec l’accès aux soins et à la santé, mais MSF n’envisage pas la capitalisation de ses actions et son influence sur l’évolution de la politique de santé de cette manière.

MSF estime que l’expérience du centre avait atteint ses limites : d’abord, un certain nombre de dysfonctionnements avaient lieu dans le centre malgré des changements d’équipe et des ajustements (prise en charge insatisfaisante des patients selon eux, notamment les patients « lourds » – évocation de la mise en place de lits hospitaliers dans un nouveau projet…) ; ensuite, plusieurs tentatives ont été faites pour « tirer » quelque chose de plus politique de l’expérience de terrain, mais cela n’a jamais fonctionné, malgré les changements d’équipe et l’aide de personnes du siège. JM a fait remarquer qu’il est évident qu’il ne faut pas demander aux salariés sur le terrain, qui ont le nez dans le guidon, de prendre un recul tel qu’ils seront capables soudainement de s’autoévaluer et de « capitaliser ».

Les raisons de la fermeture du centre ont été discutées assez longuement, les mêmes arguments évoqués ci-dessus revenant souvent de part et d’autre sans que nous soyons convaincus : nous maintenions que l’action du centre était indispensable quand bien même nous comprenions que des dysfonctionnements existaient et que la « capitalisation » politique pour MSF avait échoué.

Nous avons appris également que la mission France de MSF auprès des plus démunis avait vocation à perdurer malgré tout. Nous avons donc demandé pourquoi ne pas chercher des solutions et faire évoluer le centre en restant ouvert, afin de ne pas provoquer de rupture dans les soins, notamment pour le suivi psy qui va être très compliqué de recommencer ailleurs pour les exilés. Pour MSF le maintien de ce centre n’était plus du tout envisageable sous cette forme.

Nos interlocutrices nous ont fait comprendre également que parmi tous les « invisibles », les exilés ne sont pas forcément les plus capitalisables pour MSF. Leur visibilité à eux serait fortement accrue s’ils ouvraient, par exemple, un programme d’aide à l’accès aux soins en Seine Saint-Denis où les populations (immigrées ou non) manquent cruellement de médecins traitant… Nous comprenons entre les lignes que l’accès aux soins des exilés n’est tout simplement pas « capitalisable » au sens où MSF veut l’entendre. Il est certain que quels qu’aient été les efforts des salariés sur le terrain et le recul pris, une loi sur l’accès aux soins des exilés, impulsée ou soutenue par MSF, n’était pas pour demain.

Les réflexions sur l’avenir du programme France de MSF sont en cours, un nouveau centre devrait ouvrir fin 2013, début 2014. Il semble que les exilés ne seront pas exclus des bénéficiaires du nouveau programme, mais qu’ils n’en seront pas les destinataires principaux.

Sur la manière dont la fermeture a été annoncée et ses conséquences : nous avons insisté sur le fait qu’aucune concertation avec les associations travaillant aux côtés de MSF (CAMRES et autres) n’avait été faite. Personne n’a été consulté sur le rôle important que jouait le centre auprès des exilés, sur l’impact pour les autres associations de la fermeture du centre. Jean-Michel a fait remarquer qu’une certaine « capitalisation » du travail du centre avait été faite malgré tout, puisque d’autres associations ont utilisé le travail fait par le centre dans l’interpellation des pouvoirs publics. Il apparait que cette évaluation d’impact a été faite en interne sans tenir compte de l’insertion de ce projet dans un environnement social et médical, ce qui est plutôt étonnant. Nos interlocutrices ont reconnu qu’en effet dans le processus de fermeture personne n’a été consulté en externe. A noter que l’absence d’ouverture de l’équipe vers l’extérieur est pourtant une des critiques faites par MSF au centre Dubail …

Nous rappelons l’importance du centre pour les majeurs comme pour les mineurs, tant sur le plan médical (PASS surchargées, risque de remise à la brigade des mineurs ou de non prise en charge des mineurs), que sur le plan psychologique. L’entrée des exilés dans le centre par le biais du somatique permettait de les amener doucement ensuite vers des soins psy, souvent refusés ou non envisagés au départ par les exilés, alors que fondamentaux pour nombre d’entre eux (ce qui ressort très clairement des rapports d’activité du centre Dubail).

Elles ont souligné que MSF avait moins de scrupules à fermer un centre en France qu’en RDC…le tissu associatif présent « pouvant » prendre le relais. Elles reconnaissent qu’il n’y a pas eu non plus de concertation avec les associations pouvant assurer ce relais avant la décision de fermeture. Sur la comparaison avec la RDC, on leur a fait remarquer que le principe n’est pas de venir sur un terrain en crise, de combler le vide temporairement et de repartir comme on est venu, en aggravant la crise. Elles conviennent qu’il y a une crise en France et que le départ de l’ONG l’aggrave, mais visiblement, c’est quand même moins grave qu’en RDC puisque, justement et encore, les autres associations prendront le relais. Elles reconnaissent que ce n’est pas drôle pour nous, ni pour les bénéficiaires du centre.

Pour l’instant MSF doit encore parvenir à « réorienter » une trentaine de patients et compte donc sur les autres associations, soulignant que les PASS et l’APHP doivent aussi jouer leur rôle. Nos interlocutrices rappellent que oui, MSF est bien conscient que tous ces dispositifs sont d’ores et déjà saturés et que son départ se fait en situation de crise, crise elle-même probablement renforcée par ce départ.

24 mars

Info de la mairie du 10ème : Pour la caserne Château-Landon, même si elle reste en piteux état, les autorisations d’occupation provisoire (avant-projet définitif) ont évolué. Comme délibéré au dernier Conseil d’arrondissement, la distribution alimentaire de l’Armée du Salut pourra y être accueillie à compter de juin (repas assis au chaud). C’est une conséquente évolution pour cette prestation. Cela occupe 180 m² d’un des bâtiments (en fait, la totalité du RDC de ce bâtiment). Investissement important de la ville sur la mise en sécurité des locaux.

24 avril

Après le passage du deuxième bus « des Afghans », il semble qu’une quinzaine de personnes n’aient pas été prises. Une personne parlant un peu français nous aide à savoir à qui nous devrions donner les 5 duvets que nous avions. Nous avons donc donné ces duvets en étant bien sûr très sollicités par ceux qui n’en n’ont pas eu. Après le départ des trois bus, plus d’une vingtaine de personnes n’avaient pas été prises en charge.

Divers

11 mars

Problème de passeport : l’Ambassade d’Afghanistan commence à être réticente aux témoignages des personnes habituelles et le consul refuse plus de deux témoignages par témoin…. des discussions sont en cours avec l’ambassadeur (à suivre).

Pour le retour volontaire non seulement l’allocation a été réduite mais il n’y a plus de “retours secs” donc pas de billet d’avion sans attestation de trois mois (les faux se négocient à 100 euros en ce moment parmi les Afghans).

21 mars

Un nouveau cas de difficultés pour obtenir un passeport. Un Afghan pris en charge par l’ASE de Paris à l’âge de 15 ans se trouve aujourd’hui dans une super famille d’accueil en Lot-et-Garonne. A la veille de ses 18 ans, il aurait besoin d’un passeport pour sa future carte de séjour. Le consulat lui demande de trouver deux Afghans en situation régulière, qui n’auraient jamais témoigné pour d’autres, de façon à certifier son afghanité et lui délivrer le passeport.

13-19 mai

Trois demandes de régularisation par le travail de la part d’Afghans présents depuis plus de 5 ans… pas facile de rentrer dans les critères (pas de fiche de paie, pas de chèques versés sur le compte ou de virement)

Un jeune de 27 ans dit avoir été arrêté à Cannes et avoir été drogué ; il dit qu’il ne se rappelle plus ce qui lui a été dit et demandé lors d’interrogatoires assez longs au poste de police ; il dit qu’une vidéo a été prise et est persuadé qu’elle a été diffusée…. il est un peu parano, se méfiant de tout le monde (il préfère parler en anglais qu’en farsi quand les autres sont là), et craint que cette “vidéo” ne lui cause des problèmes dans un autre pays ; il a été libéré sans aucun document de la police (même pas une OQTF)….

20 – 29 mai

Difficultés pour un détenteur de la PS1 pour se marier…. d’après l’OFPRA et le Consulat à Islamabad, il doit faire retranscrire le mariage au consulat de France au Pakistan mais il lui faut d‘abord se marier… impossible devant les autorités Afghanes (à cause de son statut) et quasiment impossible devant les autorités Pakistanaises sans résidence, et en règle, de la famille de la fille.

À Paris, les exilés, principalement afghans, chassés du parc Villemin, seul abri qui leur est offert la nuit !

À Paris, les exilés, principalement afghans, chassés du parc Villemin, seul abri qui leur est offert la nuit !

L’opération s’est déroulée en plein creux du mois d’août. Mardi 18 au soir, vers 21h30, des agents d’une société de sécurité, avec des chiens, et les CRS ont fait évacuer le parc Villemin près de la gare de l’Est à Paris où dorment, depuis des années, selon les jours 50, 100 ou 200 exilés.

Ceux qui s’apprêtaient à y passer la nuit ont été poussés par les CRS – “comme un troupeau” a dit l’un d’eux – vers le pont Louis Blanc, où un bus attendait. Il devait en emmener 80 dans deux centres d’hébergement. Indignés d’être traités comme du bétail et inquiets de la présence des CRS, la plupart ont décidé de ne pas monter dans ce bus. Même si ces 80 là avaient accepté d’y monter, seraient restées sur le trottoir environ 120 personnes. Parmi elles une vingtaine de mineurs, âgés pour certains de 10 à 13 ans. Après cette évacuation musclée, le parc fermé, et gardé par les CRS, les exilés sont partis en quête d’un autre lieu où dormir.

Libérer un nombre de places d’hébergement aussi éloigné des besoins effectifs ne découle pas d’une simple erreur d’appréciation. Les autorités connaissent parfaitement et suivent au jour le jour la situation dans ce parc. Le bus n’était là que pour donner un habillage humanitaire à l’opération, ainsi parée d’un pseudo souci de mise à l’abri. En fait, l’objectif est clair ; il s’agit de tenter de dissuader les migrants d’aujourd’hui, et si possible ceux de demain, de continuer à séjourner dans le quartier.

On peut s’attendre d’ailleurs à entendre le maire de Paris et le préfet proclamer que les exilés ne veulent pas être hébergés et qu’ils préfèrent rester dans des lieux que leur assignent les passeurs. Ils tenteront ainsi de passer sous silence ce sur quoi les associations ne cessent depuis des années d’interpeller les pouvoirs publics : la pénurie et l’inadéquation des structures d’hébergement, les défaillances du dispositif d’accueil des demandeurs d’asile, les refus de prise en charge des mineurs isolés, l’absurdité de l’application du règlement « Dublin II », qui prive les migrants d’un examen sérieux d’une demande d’asile s’ils ont transité par un autre Etat de l’Union européenne.

Car nombre des migrants chassés hier du parc Villemin ont demandé l’asile en France et ne sont pas hébergés en CADA, ou sont mineurs mais ne sont ni hébergés ni protégés, ou voudraient demander l’asile en France mais sont menacés, s’il s’y aventurent, d’être renvoyés en Grèce, en Italie ou ailleurs, où leurs empreintes ont été enregistrées.

Le ministre de l’immigration a annoncé qu’il allait « démanteler » la jungle de Calais d’ici la fin 2009. On ne sait trop encore comment il compte s’y prendre. On sait encore moins comment il pourra faire cesser l’apparition de jungles un peu partout en France, du littoral Nord jusqu’à la jungle de Paris que sont le parc Villemin et le square Alban-Satragne,

L’alternative est claire : ou réformer en profondeur les dispositifs d’accueil de ceux qui cherchent protection en Europe, ou fermer et faire garder par des forces de police tous les parcs et jardins et tous les espaces publics du territoire.