Activités et maraudes du Collectif de Soutien des Exilés

2 mars

Le dispositif actuel serait prolongé jusqu’au 17 mars…. cela risque d’être chaud lorsque de 60 places on va passer à 25 !

Un jeune Afghan de moins de 15 ans est de nouveau dehors et déclaré en fugue. Ce jeune qui aura 15 ans le 21 mars était complètement désorienté lorsqu’il est arrivé à Paris en septembre 2011 ; envoyé par MSF à la PAOMIE, il en était revenu sans rendez-vous. Après intervention de MSF et du MRAP il avait été accepté, envoyé à l’ASE le surlendemain et pris en charge immédiatement. Ensuite mis à l’hôtel, ce jeune qui avait visiblement des problèmes psy, a accumulé les problèmes avec l’ASE qui ont conduit à une main levée. Saisine du juge et reprise en charge en juillet 2012. En septembre il semblait toujours aussi désorienté ; il était à l’hôtel après des échecs de placements en foyer ou en famille d’accueil. Ses copains sont venus nous voir vendredi en disant qu’il n’allait pas bien du tout, qu’il était devenu fou, qu’il parlait tout seul ; Eux-mêmes n’arrivent pas à discuter avec lui. Sa référente ASE, contactée immédiatement, a dit qu’une main levée n’a pas été demandée et qu’il peut revenir. Malgré les nombreux contacts avec l’ASE, la lettre de saisine … insistant sur le fait que ce jeune avait de graves problèmes (y compris de drogue) et qu’il nécessitait un suivi particulier, rien ne semble avoir été mis en place.

7 mars

Moins de monde à la PAOMIE (personne ne reste dehors le soir mais le gymnase doit fermer le 17) malgré l’arrivée de mineurs Afghans : 19 en une semaine.

Un jeune de Bergerac veut retourner en Afghanistan ; il dit en avoir assez et être fatigué… il avait été pris en charge avant 15 ans mais il y a deux mois il a tout laissé tomber. Il devait aller à l’OFII en disant qu’il a 18 ans (d’après sa taskera il en a 16) mais je ne l’ai pas revu et je ne sais pas comment ça s’est passé.

Un jeune pris en charge par enfants du monde puis par l’ASE il y a deux ans et ensuite parti en Angleterre veut maintenant être repris en charge par l’ASE ; problème il a maintenant presque 17 ans et à Paris cela risque de ne pas lui permettre d’obtenir une régularisation.

Le jeune en fugue est toujours dehors. Nous l’avons rencontré sur le canal mais il ne veut pas retourner à l’ASE ; il dit vouloir repartir en Afghanistan (ce dont ses amis doutent)

9 mars

Difficultés d’un jeune Afghan à fin de la prise en charge par l’ASE. Il a obtenu sa carte Vie Privée et Familiale mais maintenant il lui faut trouver du travail et un logement sur Paris, ce qui est difficile même avec un titre de séjour et un CAP en poche.

Un jeune revenu à Paris depuis janvier essaie d’avoir un rdv à la PAOMIE pour l’entretien de prise en charge… En Février la PAOMIE avait renvoyé l’hôpital robert Debré, où il était hospitalisé après une bagarre dans un hôtel de FTDA, vers nous en disant qu’ils ne le connaissaient pas alors que quelques jours auparavant nous avions discuté de son cas avec la nouvelle responsable de la PAOMIE. Contacté hier, l’accueil de la PAOMIE dit ce matin qu’ils n’ont trace de lui que depuis le premier mars ! De plus avec deux postes vacants, les maladies et les congés, il n’y avait qu’une intervenant à la PAOMIE la semaine dernière, ce qui retardait les possibilités d’entretien. Il commence à en avoir assez d’être baladé.

Le soir personne ne reste dehors car il y a moins de 60 personnes depuis début mars.

18 mars

68 jeunes sont entrés dans la PAOMIE, il restait donc 8 jeunes (le gymnase est toujours ouvert pour 35 jeunes) auxquels nous avons donné les 8 duvets qui nous restaient.

20 mars

Toujours autant de jeunes le soir au 127 bd de la villette…. (70 hier, 67 avant-hier) et le gymnase doit toujours fermer lundi prochain (à noter que la météo pour l’instant prévoit des températures réelles entre 0°C et 1°C de lundi à vendredi).

Un jeune Afghan âgé de 17 ans et 7 mois doit commencer une formation à Aprelis (service en salle) cela ne lui plait pas du tout et il voudrait aller dans une école “normale” ; le test du CASNAV passé en décembre n’a pas abouti à une orientation et il voudrait le repasser ; il doit aller à l’ADJIE samedi.

Un autre rencontre, lui, un problème de prise en charge par la PAOMIE. Arrivé il y a une semaine, il a eu un entretien lundi. Il a une taskera indiquant qu’il avait 15 ans en 1391 (donc du 21 mars 2012 au 20 mars 2013)… le soir il est ressorti blême de la PAOMIE car il a été mis à l’hôtel avec une fiche où il était indiqué 17 ans ! Fax à la PAOMIE qui dit qu’il y a eu une erreur et qu’il a 16 ans et trois mois…. Comment peut-il avoir plus de 16 ans le 18 mars quand l’année de ses 15 ans se termine aujourd’hui ? Alors que le jeune depuis une semaine dit qu’il a 15 ans et demi la PAOMIE a pris comme date de ses 15 ans le 1er janvier 2012… (soit le 11/10/1390) ; cette erreur a de graves conséquences quand on sait les différences de traitement (prise en charge et régularisation) entre les moins de 16 ans et les plus de 16 ans.

22 mars

Réunion avec la Mairie de Paris et comme on pouvait s’y attendre cela n’a rien apporté. Mise en avant des chiffres (sans se dire que ces sommes en augmentation ne sont pas une garantie de l’amélioration de la prise en charge), négation du fait que des mineurs soient laissés dehors (au passage on apprend qu’au gymnase il y aurait moins de 10 mineurs sur 35 personnes), satisfaction du travail fait par FTDA, rejet des constats faits par l’ADJIE de la situation des jeunes (des cas particuliers !)… un dialogue impossible.

25 mars

Comme prévu fermeture du gymnase mais (compte tenu des températures annoncées ?) ouverture de 12 place en hôtel… au moins pour ce soir. Il restait quand même 40 jeunes pour 25 places… soit 15 dehors.

26 mars

Les places d’hôtel ouvertes hier sont maintenues jusqu’à l’évaluation des jeunes par la PAOMIE.

Hier soir 10 jeunes sont restés dehors (35 personnes ce soir… depuis vendredi plus d’une dizaine de jeunes Afghans sont partis) et ceux évalués majeurs par la PAOMIE (même avec des documents prouvant leur minorité) ne sont plus mis à l’abri le soir.

29 mars

Un jeune pashtoun de 14 ans est passé par Paris il y a un mois ; il s’est ensuite rendu à Rouen et vient de revenir à Paris. Il a eu le malheur de dire à la PAOMIE qu’il venait de Rouen et était allé à l’ASE là-bas…. Donc comme il a été noté dans la fiche d’évaluation et d’information préoccupante : “ce jeune ne relève pas du territoire parisien”…. sauf que la prise en charge évoquée pour justifier ceci a consisté en une prise d’empreinte au commissariat où il s’était rendu, deux entretiens dont un en ourdou faute d’autre interprète, et trois nuits dehors car “il n’y avait pas de place disponibles et qu’il était en attente d’un examen d’âge osseux compte tenu du fait qu’il ne présentait pas de document”. Après ces trois nuits dehors le jeune a décidé de revenir.

Ils sont maintenant moins d’une dizaine à ne pas être pris le soir.

2 avril

Depuis la fermeture du gymnase ce sont environ 8 mineurs chaque soir qui restent dehors… sans compter tous ceux qui ne sont plus acceptés le soir car évalués majeurs ; en effet comme l’ASE après les expertises osseuses, FTDA met dehors ceux qui ont été évalués majeurs (sur la base du questionnaire habituel) même si ils possèdent des documents prouvant leur minorité… c’est le cas de maliens et aussi d’une jeune bangladeshis qui depuis trois nuits dort dehors.

4 avril

Le jeune (dont je parlais le 20 mars) s’est rendu au CASNAV et a découvert que contrairement à ce que disait sa référente de l’ASE il y avait réussi son test en Décembre et avait eu une orientation pour une inscription dans un collège parisien.

8 avril

Une règle appliquée par FTDA qui me semble pour le moins étonnante : D’après ce qui nous a été dit, si la date de naissance n’est pas indiquée (ce qui est le cas des taskeras afghanes), est retenue comme date de naissance le premier jour du premier mois de l’année civile (en l’occurrence pour les Afghans le 21 mars). FTDA aurait donc fait le choix de choisir la date la plus défavorable aux jeunes concernés. Pourtant souvent les juges des enfants, lorsqu’ils décidaient de fixer une date de naissance, tenaient compte de ce que pouvait dire le jeune lors de l’entretien et ne retenaient que très rarement comme date de naissance le premier jour de l’année civile ; certains retenaient la date de rédaction de la taskera, d’autres le 31 décembre de l’année. Ils accordaient le bénéfice du doute au mineur. L’ASE elle-même, dans de nombreux cas, n’applique pas la règle qui semble être utilisée par FTDA. Ceci n’est pas anecdotique dans la mesure où cela peut mettre en péril l’avenir du jeune, comme dans le cas présent où ce jeune, disant depuis son arrivée qu’il avait moins de 16 ans (15 ans et 7 ou 8 mois), se retrouve avec un âge de 16 ans et 3 semaines, privé ainsi d’une possibilité d’obtention d’une carte vie privée et familiale à ses 18 ans.

9 avril

L’ASE de Rouen et le Défenseur des Droits ont été saisis de la situation de ce jeune Afghan revenu de Rouen (voir ce qui a été écrit le 29 mars)

11 avril

Augmentation du nombre de mineurs à la PAOMIE : 54 ce soir pour 25 places… pas mal de nouveaux Afghans (6 aujourd’hui dont 4 arrivés ce soir, et 17 en 11 jours).

Après ce jeune de 15 ans et 7 mois, qui a été évalué à 16 ans et 1 mois (FTDA prenant maintenant le premier jour de l’année civile afghane), un autre vient de se voir attribué un âge de 17 ans et 3 mois alors que d’après sa taskera il est né entre le 21 mars 1996 et le 20 mars 1997 et que la PAOMIE dans un premier temps avait retenu la date qu’il indiquait (et justifiait) soit le 01/01/1996 ; le premier a perdu son droit à la carte VPF, le deuxième son droit à une scolarisation, une formation et en conséquence à une régularisation.

24 avril

Deux personnes travaillant à la PAOMIE nous disent que la moyenne en ce moment est d’une cinquantaine de jeunes le soir dont seulement 25 sont hébergés à l’hôtel. (ESI fermé depuis un moment ainsi que le gymnase fermé depuis la fin théorique de l’hiver). Ce sont les chiffres que nous constatons aussi ce soir et qui nous sont confirmés par les jeunes. Nous sommes frappés par le jeune âge que semblent avoir beaucoup de jeunes. Le nombre de mineurs semblant être âgés d’une quinzaine d’années nous parait plus important que d’habitude, y compris dans le groupe des jeunes qui ne sera pas hébergé à l’hôtel ce soir. L’un d’eux nous confirme avoir été « évalué » par la PAOMIE (pas de test osseux) à 15 ans, mais n’avoir jamais été hébergé par la PAOMIE depuis qu’il est là (on ne sait pas depuis combien de temps il est là).

Il nous restait 4 duvets à donner aux jeunes de la PAOMIE. A nouveau, nous ne sommes pas à même de savoir à qui nous devrions donner les duvets (comment savoir qui sont les plus faibles, ceux qui n’ont pas de manteaux, ceux qui ne sont jamais hébergés etc.), un jeune qui parle français nous aide et communique avec le reste du groupe constitué d’un peu plus de 20 jeunes (dont certains semblent encore une fois très, très jeunes). Ce jeune nous dit qu’ils peuvent s’arranger entre eux, partager les duvets et nous désigne par ailleurs un jeune qui n’a jamais été hébergé. Nous donnons les 4 duvets en espérant ne pas créer de bagarre…

Et c’est un petit peu sonnés et mal à l’aise avec les dilemmes du soir que nous sommes repartis…

13 – 19 mai

Une vingtaine de jeunes Afghans sont arrivés depuis 10 jours, mais hier soir ils étaient presque tous partis sauf 5 (43 jusqu’ici en mai).

Revu le jeune Afghan en fugue depuis trois mois ; il était avec un copain qui nous a demandé de le faire reprendre en charge par l’ASE … ce qui ne pose aucun problème vu nos contacts avec sa référente à l’ASE. Le problème est que lui ne semble guère convaincu, même si jeudi il semblait approuver ce que disait son copain.

Jeudi matin à la demande de deux jeunes nous avons téléphoné à Lariboisière où un autre mineur avait été hospitalisé en urgence la nuit précédente ; FTDA l’avait mis à l’hôtel mais sans plus et bien entendu personne n’était disponible pour le faire sortir de Lariboisière ; nous y sommes donc allés.

Dans les hôtels où FTDA met les mômes la nuit, plusieurs mômes se sont fait piquer par des insectes : ils sont couverts de cloques ; FTDA dit qu’ils ont fourni des produits aux hôteliers mais que ceux-ci ne les utilisent pas souvent et que les draps ne sont pas changés : les hôteliers accusent les jeunes d’apporter des parasites chez eux.

Les éducateurs des foyers ont quelques problèmes avec les procédures de régularisation lorsqu’il ne s’agit pas de demander une carte de séjour à 18 ans ; Dans un foyer de Normandie, il a fallu deux mois avant qu’il ne se décident à compléter le dossier de demande de nationalité et plusieurs coups de fil pour qu’ils comprennent qu’il fallait aller au Tribunal d’instance et non à la préfecture ; De plus en déposant le dossier, ils ont mis en avant la date de l’OPP et non celle de l’attestation de prise en charge de l’ASE, d’où un premier refus du greffe qui, contacté par la suite, m’a dit qu’avec l’attestation de l’ASE de prise en charge avant 14 ans il n’y aurait eu aucun problème sauf qu’on ne lui avait pas montré.

20-26 mai

Une quarantaine de jeunes chaque soir à la PAOMIE (un peu moins le week-end) ; peu d’arrivées de jeunes Afghans mais beaucoup de départs (ils étaient samedi seulement 3 à se présenter le soir).

Un retour d’un jeune de METZ ; après 11 mois de prise en charge là-bas (pris en charge à 16 ans d’après ce qu’il dit) il veut partir dans une autre ville… sans garantie d’être accepté. Il doit avoir de bonnes raisons de partir mais il n’était pas facile d’en discuter dehors à Jaurès.

Le jeune en fugue est retourné à l’ASE mardi matin et a été repris en charge… pas de nouvelle depuis et j’espère qu’il y est toujours.

Un jeune qui est au foyer Stendhal a passé une expertise osseuse il y a deux semaines et commence à déprimer car il n’a toujours pas le résultat… cela fait 4 mois qu’il a été envoyé dans ce foyer de FTDA et deux mois qu’il a été présenté à l’ASE.

Le jeune revenu de Rouen a été mis à l’abri au foyer Enfants du Monde, sur intervention des services de la Défenseure des Enfants.

Les familles

9 mars

Arrivée d’une famille (la mère et 4 enfants)… le rendez-vous à la CAFDA est le 2 juillet !!!

4 avril

Une famille se plaint du suivi de la CAFDA ; depuis aout 2012, ils n’ont toujours pas de couverture sociale, même pas d’AME… donc pas non plus de carte solidarité transport et ils sont logés en zone 5. Même chose aucune intervention pour résoudre un problème de facture d’un hôpital en aout (90 euros)

Questions autour de l’Asile

7 mars

Un interprète de l’armée française parti en Norvège revient en France et veut savoir que faire : apparemment sa demande d’asile n’a pas encore été traitée en Norvège et il voudrait faire venir sa famille dès maintenant (elle est en Turquie) ; il va peut-être réintroduire une demande d’asile en France en profitant de la prise en charge d’autres interprètes par la France.

2 avril

Un Afghan est revenu après un retour volontaire en juin dernier ; empreintes en Hongrie et en Autriche lors de son retour mais il avait demandé l’asile en France et avait été débouté par l’OFPRA l’an dernier ; il peut présenter un nouveau cas d’asile mais reste à savoir si ne va pas être mis sous Dublin

4 avril

Gros problème aussi pour la domiciliation : aucune possibilité d’en obtenir une pour des démarches de demandeurs d’asile en réexamen à la préfecture en ce moment. Certains primo arrivants qui pourraient se faire domicilier à FTDA préfèrent faire une demande au CASP. Ils trouvent qu’avec FTDA les rdv à la préfecture sont trop éloignés (effectivement deux ou trois mois pour le rdv de prise d’empreinte). Mais si on prend en compte le temps d’attente pour le rdv domiciliation au CASP (actuellement de plusieurs mois) le gain de temps est réduit à néant, et par ailleurs ceci réduit les possibilités de domiciliation de ceux en réexamen.

6 avril

Lors de la réunion de samedi, la question de l’ouverture d’un compte est revenue par l’intermédiaire d’un réfugié statutaire qui s’était fait envoyer balader plusieurs fois par La Poste, malgré le fait qu’il détenait un récépissé.

A ce propos, suite aux référés allocation temporaire d’attente pour les dublinés, les personnes qui avaient reçu des chèques ont enfin pu demander l’ouverture d’un livret A, et cela après que la directrice de la poste de Max Dormoy se soit lamentée sur le fait que leur poste doit gérer tous les demandeurs d’asile (c’est un fait), qu’en tant qu’entreprise commerciale, cela ne rapporte pas d’ouvrir des livret A…et que la clientèle “autochtone” était gênée par tous ces demandeurs d’asile….

Pour les référés ATA, Pôle Emploi attend toujours des instructions pour pouvoir enregistrer les dublinés (au moins 200 dossier en attente) tandis que le TA de Paris continue de condamner Pôle Emploi…à ce titre trois nouveaux référés devraient partir cette semaine pour des personnes rencontrées lors des réunions précédentes et, pour quatre personnes rencontrées ce samedi, des référés devraient partir la semaine prochaine.

Nous avons rencontré un jeune épuisé qui est allé à la préfecture début avril et pour lequel un second rdv a été donné le 7 juillet. Un courrier a été fait où il demande qu’un rdv à plus bref délai lui soit transmis….Si la préfecture ne répond pas, le TA de Paris sera saisi en référé .

Concernant les Offres de Prise en Charge en CADA, un Irakien qui a eu son récépissé en octobre dernier n’a toujours pas l’ATA faute d’OPC …. Un courrier a été transmis à la préfecture de région pour demander une OPC et faute de réponse le Tribunal Administratif sera saisi. Il semble préférable de tenter cela plutôt que faire le sous-traitant de la préfecture pour la délivrance des OPC.

Toujours des questions tournant autour du temps de procédure pour enregistrer une demande d’asile en France pour ceux qui ont laissé des empreintes en Europe.

13-19 mai

Toujours le blocage pour les domiciliations administratives, notamment pour les réexamens : L’association « Jean Merlin » n’est pas joignable (message disant qu’ils ne peuvent plus accepter de nouvelles dom), le CASP reprendrait en juillet, Domasile accepte à titre très exceptionnel… reste le Cèdre, ce qui ne fait pas beaucoup de possibilités.

18 mai

Assez peu de personnes présentes ce samedi, une quinzaine, probablement à cause de l’incertitude qu’il y a eu sur la tenue de la permanence.

Nous leur avons expliqué l’actualité de l’ATA à Pôle Emploi s’agissant de la note de service qui est enfin sortie pour le versement aux dublinés et les conséquences pour eux.

Toujours des questions sur Dublin, notamment deux cas ayant eu des parcours assez complexes dont un qui a été enfermé 19 mois en Bulgarie.

Un Afghan qui est très malade et sans logement, a reçu la facture de l’hôpital de 50 euros qu’il ne peut pas payer. Il a des pertes de conscience et il subira une opération importante et risquée cet été, il ne sait pas où aller à sa sortie de l’hôpital.

Hébergement et conditions de vie

18 mars

Les 30 duvets sont partis le soir même :

À la fin du deuxième bus, lors de l’inscription des noms pour avoir une place dans le bus du lendemain, nous avons croisé un Marocain débattant avec un Afghan des quotas par nationalité dans les bus. L’Afghan soutenait les quotas par nationalité, alors que le Marocain défendait le principe selon lequel la nationalité devrait s’effacer quand il s’agit de donner des places pour dormir lorsqu’il fait très froid. Le Marocain parlait très bien espagnol, pays qu’il a quitté suite aux problèmes que l’Espagne rencontre actuellement. Il avait côtoyé en France des personnes en situations très précaires pour lesquelles l’absence de titre de séjour était un frein pour trouver un emploi. Il trouvait dommage que la France traite ainsi les étrangers car elle perdait de la richesse en empêchant l’activité économique que les étrangers pourraient générer s’il était plus facile d’obtenir des papiers. Le fait que la France soit appelée le pays des droits de l’homme le faisait rigoler avec amertume. Compte tenu des quotas ethniques et du manque de place en hébergement d’urgence, il a dû dormir dehors ou rester éveillé toute la nuit.

Un monsieur qui était amputé d’une jambe ne pouvait pas prendre de duvet car il ne pouvait pas le transporter avec ses béquilles. Il est allé rejoindre sous un porche proche du canal un groupe de personnes qui y était abrité. Deux d’entre nous l’ont suivi avant de nous rejoindre devant la PAOMIE où nous avons donné les duvets restant aux 8 jeunes non hébergés. On a appelé les pompiers qui ont pris en charge le monsieur amputé.

Un petit groupe a également été voir si des personnes étaient toujours abritées sous le métro aérien et place du Colonel Fabien. Une seule tente vide sous le métro et rien sur la place.

28 mars

Nous avons rencontré (Collectif, FLA, MRAP, LDH) Marie-Pierre Allie, Présidente MSF et Mme Mouniaman-Nara, responsable des programmes France.

Cet entretien fait suite à une demande de rendez-vous que plusieurs associations avaient faite à MSF dans une lettre dans laquelle nous interpellions l’ONG sur les difficultés liées à la fermeture du centre d’écoute et de soins Passage Dubail dans le 10ème arrondissement.

La fermeture du centre nous a bien sûr été confirmée, l’objet de l’entretien que nous avons eu était notamment d’en éclaircir les raisons, de signaler que nous étions en désaccord avec la manière dont cela s’était passé, d’insister à nouveau sur les difficultés que la fermeture pose pour les exilés et les associations et de savoir si l’ouverture d’une nouvelle structure était envisagée.

Sur les raisons de la fermeture : ce point a été longuement abordé sans que nous soyons convaincus in fine. Il nous a été difficile de comprendre les raisons réelles de cette fermeture.

Nos interlocutrices ont rappelé que MSF agit à l’international principalement et rarement en France (peu d’exemples : le saturnisme, l’accès aux soins des personnes en situation de précarité). Elles ont insisté sur le fait que MSF ne veut pas que ses actions soient uniquement un palliatif aux défauts du système de soins français. Un vide était comblé par le centre Dubail, mais ceci n’était pas suffisant. MSF accepte que l’impact de son action soit temporairement de combler le vide, mais il faut ensuite que son action conduise à des évolutions du système estimé défaillant, ou à une « capitalisation » politique de l’action (se servir de l’expérience sur le terrain pour faire voter une loi par exemple). Nous leur avons fait remarquer que lorsque des actions politiques ont été initiées par d’autres associations notamment dans le 10ème, MSF ne s’est jamais engagé malgré les sollicitations. Elles nous ont répondu que si l’action concernait l’hébergement par exemple, certes cela pouvait avoir un lien avec l’accès aux soins et à la santé, mais MSF n’envisage pas la capitalisation de ses actions et son influence sur l’évolution de la politique de santé de cette manière.

MSF estime que l’expérience du centre avait atteint ses limites : d’abord, un certain nombre de dysfonctionnements avaient lieu dans le centre malgré des changements d’équipe et des ajustements (prise en charge insatisfaisante des patients selon eux, notamment les patients « lourds » – évocation de la mise en place de lits hospitaliers dans un nouveau projet…) ; ensuite, plusieurs tentatives ont été faites pour « tirer » quelque chose de plus politique de l’expérience de terrain, mais cela n’a jamais fonctionné, malgré les changements d’équipe et l’aide de personnes du siège. JM a fait remarquer qu’il est évident qu’il ne faut pas demander aux salariés sur le terrain, qui ont le nez dans le guidon, de prendre un recul tel qu’ils seront capables soudainement de s’autoévaluer et de « capitaliser ».

Les raisons de la fermeture du centre ont été discutées assez longuement, les mêmes arguments évoqués ci-dessus revenant souvent de part et d’autre sans que nous soyons convaincus : nous maintenions que l’action du centre était indispensable quand bien même nous comprenions que des dysfonctionnements existaient et que la « capitalisation » politique pour MSF avait échoué.

Nous avons appris également que la mission France de MSF auprès des plus démunis avait vocation à perdurer malgré tout. Nous avons donc demandé pourquoi ne pas chercher des solutions et faire évoluer le centre en restant ouvert, afin de ne pas provoquer de rupture dans les soins, notamment pour le suivi psy qui va être très compliqué de recommencer ailleurs pour les exilés. Pour MSF le maintien de ce centre n’était plus du tout envisageable sous cette forme.

Nos interlocutrices nous ont fait comprendre également que parmi tous les « invisibles », les exilés ne sont pas forcément les plus capitalisables pour MSF. Leur visibilité à eux serait fortement accrue s’ils ouvraient, par exemple, un programme d’aide à l’accès aux soins en Seine Saint-Denis où les populations (immigrées ou non) manquent cruellement de médecins traitant… Nous comprenons entre les lignes que l’accès aux soins des exilés n’est tout simplement pas « capitalisable » au sens où MSF veut l’entendre. Il est certain que quels qu’aient été les efforts des salariés sur le terrain et le recul pris, une loi sur l’accès aux soins des exilés, impulsée ou soutenue par MSF, n’était pas pour demain.

Les réflexions sur l’avenir du programme France de MSF sont en cours, un nouveau centre devrait ouvrir fin 2013, début 2014. Il semble que les exilés ne seront pas exclus des bénéficiaires du nouveau programme, mais qu’ils n’en seront pas les destinataires principaux.

Sur la manière dont la fermeture a été annoncée et ses conséquences : nous avons insisté sur le fait qu’aucune concertation avec les associations travaillant aux côtés de MSF (CAMRES et autres) n’avait été faite. Personne n’a été consulté sur le rôle important que jouait le centre auprès des exilés, sur l’impact pour les autres associations de la fermeture du centre. Jean-Michel a fait remarquer qu’une certaine « capitalisation » du travail du centre avait été faite malgré tout, puisque d’autres associations ont utilisé le travail fait par le centre dans l’interpellation des pouvoirs publics. Il apparait que cette évaluation d’impact a été faite en interne sans tenir compte de l’insertion de ce projet dans un environnement social et médical, ce qui est plutôt étonnant. Nos interlocutrices ont reconnu qu’en effet dans le processus de fermeture personne n’a été consulté en externe. A noter que l’absence d’ouverture de l’équipe vers l’extérieur est pourtant une des critiques faites par MSF au centre Dubail …

Nous rappelons l’importance du centre pour les majeurs comme pour les mineurs, tant sur le plan médical (PASS surchargées, risque de remise à la brigade des mineurs ou de non prise en charge des mineurs), que sur le plan psychologique. L’entrée des exilés dans le centre par le biais du somatique permettait de les amener doucement ensuite vers des soins psy, souvent refusés ou non envisagés au départ par les exilés, alors que fondamentaux pour nombre d’entre eux (ce qui ressort très clairement des rapports d’activité du centre Dubail).

Elles ont souligné que MSF avait moins de scrupules à fermer un centre en France qu’en RDC…le tissu associatif présent « pouvant » prendre le relais. Elles reconnaissent qu’il n’y a pas eu non plus de concertation avec les associations pouvant assurer ce relais avant la décision de fermeture. Sur la comparaison avec la RDC, on leur a fait remarquer que le principe n’est pas de venir sur un terrain en crise, de combler le vide temporairement et de repartir comme on est venu, en aggravant la crise. Elles conviennent qu’il y a une crise en France et que le départ de l’ONG l’aggrave, mais visiblement, c’est quand même moins grave qu’en RDC puisque, justement et encore, les autres associations prendront le relais. Elles reconnaissent que ce n’est pas drôle pour nous, ni pour les bénéficiaires du centre.

Pour l’instant MSF doit encore parvenir à « réorienter » une trentaine de patients et compte donc sur les autres associations, soulignant que les PASS et l’APHP doivent aussi jouer leur rôle. Nos interlocutrices rappellent que oui, MSF est bien conscient que tous ces dispositifs sont d’ores et déjà saturés et que son départ se fait en situation de crise, crise elle-même probablement renforcée par ce départ.

24 mars

Info de la mairie du 10ème : Pour la caserne Château-Landon, même si elle reste en piteux état, les autorisations d’occupation provisoire (avant-projet définitif) ont évolué. Comme délibéré au dernier Conseil d’arrondissement, la distribution alimentaire de l’Armée du Salut pourra y être accueillie à compter de juin (repas assis au chaud). C’est une conséquente évolution pour cette prestation. Cela occupe 180 m² d’un des bâtiments (en fait, la totalité du RDC de ce bâtiment). Investissement important de la ville sur la mise en sécurité des locaux.

24 avril

Après le passage du deuxième bus « des Afghans », il semble qu’une quinzaine de personnes n’aient pas été prises. Une personne parlant un peu français nous aide à savoir à qui nous devrions donner les 5 duvets que nous avions. Nous avons donc donné ces duvets en étant bien sûr très sollicités par ceux qui n’en n’ont pas eu. Après le départ des trois bus, plus d’une vingtaine de personnes n’avaient pas été prises en charge.

Divers

11 mars

Problème de passeport : l’Ambassade d’Afghanistan commence à être réticente aux témoignages des personnes habituelles et le consul refuse plus de deux témoignages par témoin…. des discussions sont en cours avec l’ambassadeur (à suivre).

Pour le retour volontaire non seulement l’allocation a été réduite mais il n’y a plus de “retours secs” donc pas de billet d’avion sans attestation de trois mois (les faux se négocient à 100 euros en ce moment parmi les Afghans).

21 mars

Un nouveau cas de difficultés pour obtenir un passeport. Un Afghan pris en charge par l’ASE de Paris à l’âge de 15 ans se trouve aujourd’hui dans une super famille d’accueil en Lot-et-Garonne. A la veille de ses 18 ans, il aurait besoin d’un passeport pour sa future carte de séjour. Le consulat lui demande de trouver deux Afghans en situation régulière, qui n’auraient jamais témoigné pour d’autres, de façon à certifier son afghanité et lui délivrer le passeport.

13-19 mai

Trois demandes de régularisation par le travail de la part d’Afghans présents depuis plus de 5 ans… pas facile de rentrer dans les critères (pas de fiche de paie, pas de chèques versés sur le compte ou de virement)

Un jeune de 27 ans dit avoir été arrêté à Cannes et avoir été drogué ; il dit qu’il ne se rappelle plus ce qui lui a été dit et demandé lors d’interrogatoires assez longs au poste de police ; il dit qu’une vidéo a été prise et est persuadé qu’elle a été diffusée…. il est un peu parano, se méfiant de tout le monde (il préfère parler en anglais qu’en farsi quand les autres sont là), et craint que cette “vidéo” ne lui cause des problèmes dans un autre pays ; il a été libéré sans aucun document de la police (même pas une OQTF)….

20 – 29 mai

Difficultés pour un détenteur de la PS1 pour se marier…. d’après l’OFPRA et le Consulat à Islamabad, il doit faire retranscrire le mariage au consulat de France au Pakistan mais il lui faut d‘abord se marier… impossible devant les autorités Afghanes (à cause de son statut) et quasiment impossible devant les autorités Pakistanaises sans résidence, et en règle, de la famille de la fille.