Les réfugiés irakiens de Paris n’auront que le pavé pour dormir.

Depuis la fermeture des structures d’hébergement d’urgence de Sangatte, des exilés kurdes d’Irak et d’Iran pour la plupart, dispersés par la police hors du Calaisis, vivent et dorment dans les rues du 10ème arrondissement, aux alentours des gares, sans aucune assistance.

Sur la pression d’un collectif de soutien [1], le conseil de Paris et le conseil d’arrondissement du 10ème ont voté des voeux visant principalement à demander la mise en place de mesures d’urgence pour l’hébergement, la nourriture, la santé et l’hygiène des “ réfugiés ”.

Le Maire du 10ème a rencontré le cabinet du ministre des affaires sociales et vient de rencontrer le Préfet de Paris. Mais depuis plus d’un mois, les voeux sont restés pieux et le gouvernement n’a pas tenu les maigres engagements qu’il avait pris (notamment pour l’aide alimentaire). La situation n’a pas bougé d’un iota et elle va s’aggraver avec la fin des soupes populaires de l’hiver et la fermeture des centres d’accueil, le 30 avril.

Aujourd’hui, les exilés, dont certains sont mineurs, sont désespérés et épuisés. On peut pourtant compter sur les doigts de la main ceux qui souhaitent retourner dans leur pays. Certains veulent se rendre en Angleterre, d’autres souhaitent rester en France mais hésitent à faire une demande d’asile. Comment ne pas hésiter à se lancer dans procédure qui dure en moyenne deux ans quand on dort dehors ?

A l’heure des grandes déclarations humanistes de Jacques Chirac sur l’accueil d’enfants irakiens, que signifie l’inaction et l’attentisme du gouvernement vis à vis des réfugiés irakiens ?

Le collectif de soutien des réfugiés du 10ème dénonce l’hypocrisie du gouvernement et lance un appel à la mobilisation.