Réunion des associations du 10ème avec la mairie

COMPTE RENDU REDIGE PAR LES ASSOCIATIONS PRESENTES

Présent-e-s

Mairie :Rémi Féraud, Maire du 10è, Alexandra Cordebard (1ere adjointe au maire, Conseillère d’arrondissement chargée de la Culture, de la Jeunesse, de la Mémoire et du Monde combattant), Alain-Pierre Peyraud (Conseiller d’arrondissement chargé des Espaces verts et de la Lutte contre l’exclusion) Organisations : ATTAC, Collectif exilés 10, LCR, LDH, MRAP, NPA, PCF, RESF, Les Verts


les associations font un état des raison pour lesquelles nous avons souhaité rencontrer le maire

Duvets : destruction des duvets au moment même où la DASS annonçait une température de –8°C ressenti.

Plan grand froid : mise en place très tardive du plan. Le 4è bus permet la mise à l’abris de 50 personnes qui pourrait se retrouver à la rue si, en raison du redoux, il s’arrêtait. Regret qu’il n’y ait pas eu d’ouverture de local municipal du 10ème en cette période

Mineurs : Malgré l’avancée constituée par l’ouverture des 20 places d’accueil la situation des mineurs reste dramatique. La prise en charge se fait au compte goutte. Un seul exemple : un mineur de 15 ans est resté 8 semaines dehors. Ces conditions poussent ces mineurs à l’errance. Interrogations par ailleurs sur le devenir des mineurs mis à l’abri la nuit à l’ESI rue Bourret.

Harcèlement policier : depuis l’automne dernier, de manière régulière les policiers investissent le jardin Villemin pour interpeller, à chaque fois, une dizaine d’afghans. Il sont systématiquement relâchés, avec ou sans APRF. Selon l’humeur des policiers. L’APRF met les exilés en « procédure démarche prioritaire » lors de la demande d’asile, ce qui prive l’exilé de la possibilité d’un hébergement et de l’allocation temporaire d’attente et donc accroit le nombre qui devra rester dehors.

CAMRES : la police a constaté qu’il n’y a pas de « trouble à l’ordre public » dans le stationnement des exilés devant les locaux. Le Camres remplit une véritable fonction « accueil de jour »

Kiosque : regret que le kiosque ne soit pas le lieu d’accueil et d’information tel que pensé au départ. Pas d’accueil de jour et accueil sur rendez vous. Pas d’accueil des mineurs.

Sur les différentes questions

1. Violences/harcèlement policier.

Le maire rappelle qu’il n’est pas responsable de la police. Concernant les interpellations, n’ayant pas eu d’autres remontées que la nôtre, il n’a pas l’impression que ce soit massif. Il n’a pas de remontées de consignes récentes de la Préfecture de Police. Il y a une possibilité de travail commun avec le nouveau commissaire.

Il s’’interroge sur la possibilité que les interpellations aient été la conséquences des bagarres entre jeunes de la cité Granges aux Belles et exilés pour des questions de racket. Aux remarques du collectif (« les interpellations ne font pas suite aux bagarres et sont l’oeuvre de policiers en civil »), le maire remarque que « policiers en civil ne dépendent pas du commissariat du 10éme mais plutôt des renseignements généraux ». Il s’engage a demander à la police de ne pas procéder à l’interpellation d’exilés pour situation irrégulière. Il nous invite à dire aux exilés de ne plus se bagarrer dans le jardin Villemin car si les bagarres continuent il ne pourra plus tenir sa position de « jésuite » (on ferme les yeux sur le fait que les exilés y rentrent la nuit car ils sont plus en sécurité, mais s’il y a des bagarres on ne le pourra plus.)

2 Destruction des duvets

Le maire ne pense pas que les agents des jardins soient les auteurs de la destruction, il l’ont fait une seule fois avec l’accord des exilé car les duvets étaient des vieux et qu’ils en avient reçus d’autres. Les agents ont des consignes de la mairie, consignes très formelles de non destruction des duvets et affaires personnelles des exilés. Il n’exclut pas « l’initiative individuelle » etsouligne les conditions de travail très dures des agents des espaces verts et les tensions sociales possibles entre deux groupes d’individus vivant des choses difficiles, les exilés d’une part, les jardiniers et agents d’entretien de l’autre. La DPP lui a également dit ne pas être à l’origine de cette destruction. Le maire se pose la question de la réalité même de cette destruction malgré les observations faites dans le jardin le 22 décembre après midi et les déclarations des exilés eux-mêmes.

Les difficultés et le mal-être concernent et les jardiniers et la sécurité, catégories socioprofessionnelles en difficulté. Ces agents comprennent la situation des migrants mais les relations sont difficiles, parfois ils se font insulter, surtout les femmes qui viennent des départements d’outre mer. Les agents vivent mal les accusation et suspicions comme par exemples « les agent voleraient l’argent et les affaires des exilés ». « C’est clair que sur la place de Paris travailler dans le 10è est difficile ». Il y a beaucoup de départs. Des agents ont demandé leur mutation et on ne veut pas être affecté dans le 10è. Il faut mettre en place une médiation avec les associations car au printemps les familles avec enfants vont fréquenter le jardin et on ne peut pas continuer comme ça. Une réunion aura lieu au printemps en partenariat avec les espaces verts et les associations.

les association font remarquer que nous n’avons pas émis d’accusations et comprenons la difficulté des agents. et soulignent trois points à traiter a) l’hébergement des exilés. Nous demandons que le maire et les élus forcent plus au niveau du ministère et de la Mairie de Paris. Il faut peser plus fort pour permettre aux exilés qui le désirent de pouvoir s’établir ici. b) la mise en place d’une Bagagerie pour entreposer les duvets et soulager les agents des jardins. c)L’installation de nouvelles Toilettes car elles sont insuffisantes

3 conditions de vie des exilés : hébergement de nuit et accueil de jour

Toilettes : La mairie du 10ème serait d’accord pour permettre l’accessibilité des toilettes la nuit mais la direction des espaces verts n’est pas d’accord (Fabienne Giboudeau). Cela peut effectivement poser des questions de sécurité. Il y a par ailleurs un problème d’hygiène publique et la répression des fraudes a émis des réserves sur l’état du terrain de jeux pour les enfants. Une mise en demeure concernant l’hygiène des bacs à sable est arrivé récemment à la mairie.

Hébergement : Le maire et les élus du 10è mettent la pression mais Boutin a dit « je ne ferai pas plus ». Et la DASS a annoncé 100 places, qui ne seraient pas seulement liées à la période hivernale suite à la pression exercée cet automne.

Bagagerie : Associations pas favorables à une bagagerie. Gérer la bagagerie demande un temps complet, et les associations préfèrent confier d’autres missions à des salariés. Restaurant social plus prioritaire

Plan grand froid et 4è bus : Dispositif insuffisant, « … je vais demander qu’il reste mais ne me demandez pas que je sois un associatif de plus, j’ai mes propres relations à instaurer, ne me demandez pas que ,sur Villemin, je ne vois seulement que les problèmes des exilés. Ce jardin ne peut être entièrement dédié aux exilés. La volonté du gouvernement de les prendre en charge est nulle. Pour le 4ème bus, je vais demander qu’il reste ». Le quatrième bus est fonction des places disponibles, notion liée aussi pour les acteurs de ce dispositif aux capacités des groupes à s’intégrer à la boulangerie

Accueil de jour : dispositif insuffisant mais pas de perspectives à court terme. La présence des exilés devant le CAMRES entraine une rapport de force avec les riverains et on est sur la mauvaise pente. Le CAMRES a été créé dans d’autres circonstances pour une autre public à l’époque. Manifestement les locaux ne sont plus adaptés à l’accueil inconditionnel. La Mairie est prête à aider le CAMRES afin de changer de lieu et de statut pour obtenir d’autres sources de financement

4 Mineurs :

De plus en plus de mineurs afghans. Myriam El Komry a beaucoup de volonté. Les frontières légales entre les responsabilités de la ville et de l’Etat sont floues mais ce n’est pas la peine de se renvoyer la balle. On a réussi à faire prendre conscience à la Ville que c’est aussi de sa responsabilité, et à faire évoluer les mentalités de certains responsables. Les changements ne s’effectuent cependant pas en quelques mois.. La mairie prend en compte les remarques sur l’insuffisance de l’hébergement et les dysfonctionnement de l’ASE et les fera remonter auprès de Myriam El Khomri.

5 tolérance des riverains

Le maire rappelle qu’il n’est que maire et donc ne peut pas s’occuper seul de l’accueil des migrants qui s’annoncent. Il faut que les autres arrondissements se chargent aussi de l’accueil. D’autant plus que la tolérance des riverains n’est pas extensible. Il passe beaucoup de temps pour l’entretenir. « … les exilés habitants du 10è » je peux le dire par esprit militant mais si on n’amène pas avec nous la majorité de la population…. J’ai pris l’engagement pour que devant le kiosque il n’y ait pas d’attroupement. Pour la perennité des actions en direction des exilés dans le 10ème, si on n’a plus l’empathie et la solidarité des habitants on aura perdu la première bataille puis la guerre. Cette empathie n’est jamais définitivement acquise

Tolérance des riverains : le Kiosque est ouvert, se met en place, fonctionne. L’ouverture d’un local comme ça n’était pas chose facile. On a l’impression que le 10è est un arrondissement solidaire mais quand on veut mettre en place les riverains s’organisent. Beaucoup de tolérance mais quand les choses se précisent la tolérance devient moindre. Pour qu’une structure tienne durablement il faut y aller doucement. C’est ce que nous avons demandé au kiosque. Le problème des migrants qui arrivent dans le 10è ira croissant mais je ne pense pas que le 10ème ait à « supporter » seul cette problématique..

6 Le Kiosque

Dans cette problématique de l’hébergement et de l’accueil de jour le Kiosque doit jouer un rôle de régulation et mettre en place des partenariats hors du 10ème pour l’accueil des exilés.